Hiroshima: hommage sans précédent de Kerry et ses homologues du G7

Les ministres japonais Fumio Kishida, américain John Kerry, britannique Philip Hammond et canadien Stephane Dion lors d'un hommage aux victimes de la bombe atomique le 11 avril 2016 à Hiroshima
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Les ministres japonais Fumio Kishida, américain John Kerry, britannique Philip Hammond et canadien Stephane Dion lors d'un hommage aux victimes de la bombe atomique le 11 avril 2016 à Hiroshima - © Kazuhiro NOGI

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7, dont l'Américain John Kerry, ont rendu lundi hommage aux victimes de la bombe atomique américaine qui a frappé Hiroshima en 1945, par une visite sans précédent du mémorial de la paix de la ville martyre japonaise.

Le secrétaire d'Etat américain est arrivé à 11H00 locales (02H00 GMT) au musée du mémorial de la paix, une visite hautement symbolique et historique, en compagnie de ses homologues des autres membres du G7, ont constaté des journalistes.

"Tout le monde devrait voir et ressentir la puissance de ce mémorial", a écrit John Kerry sur le livre d'or du musée, selon le texte fourni par le département d'Etat. "Cela nous rappelle avec force et dureté que nous avons non seulement l'obligation de mettre un terme à la menace des armes nucléaires, mais que nous devons aussi tout faire pour éviter la guerre", a insisté le ministre américain, ancien combattant au Vietnam, devenu un grand sceptique de l'interventionnisme militaire et favorable au désarmement.

Le chefs de la diplomatie des plus grandes puissances occidentales se sont ensuite rendus dans le parc entourant le musée, déposant des gerbes de fleurs devant le cénotaphe qui abrite les noms des victimes du premier bombardement atomique de l'Histoire le 6 août 1945 (140.000 morts).

Ils ont été accueillis par des centaines d'écoliers japonais agitant des drapeaux des sept pays. Aucune déclaration n'a été faite sur place où les ministres sont restés tout juste une heure.

Le chef de la diplomatie américaine est le tout premier responsable gouvernemental des Etats-Unis à se rendre à Hiroshima depuis la Seconde guerre mondiale et la bombe atomique larguée par les Etats-Unis sur cette ville de l'ouest du Japon.

Pas d'excuses formelles 

Interrogé dimanche soir pour savoir si M. Kerry allait exprimer des regrets, un diplomate américain a répondu qu'il ne présenterait pas d'"excuses" formelles mais que le ministre, comme "tous les Américains et les Japonais, était rempli de tristesse".

"C'est un sujet qui est cher à son coeur et je sais que demain sera un jour très émouvant pour lui", avait ajouté le responsable américain à propos de ce que M. Kerry pourrait ressentir et exprimer après sa visite au mémorial d'Hiroshima.

Il doit donner une conférence de presse en fin d'après-midi.

Reçu lundi matin par l'hôte de la réunion du G7, son homologue japonais Fumio Kishida, John Kerry avait encore exprimé l'"espoir que nous soyons en mesure de débarrasser le monde des armes de destruction massive".

L'administration de Barack Obama a l'ambition affichée depuis 2009 d'oeuvrer au désarmement et à la non-prolifération, jusqu'à parvenir à un "monde sans armes nucléaires".

M. Kerry assiste depuis dimanche aux réunions des ministres des Affaires étrangères du G7 (Etats-Unis, Japon, Canada, France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne) organisées cette année à Hiroshima, selon le souhait du Japon.

Placée sous haute sécurité, cette rencontre, prélude à une série de rendez-vous ministériels avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement fin mai au Japon, a abordé les grands sujets du moment: la question du terrorisme, les réfugiés et "toutes les situations de crise, la Syrie, la Libye et puis la menace de la Corée du Nord", selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.


 

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