Hiroshima: ce qu'une explosion atomique produit sur le corps humain

En haut, de gauche à droite, les mains de Keiko Ogura, Park Nam-Joo, Sunao Tsuboi, et en bas de gauche à droite, les mains de Shigeaki Mori, Misako Katani et Emiko Okad. Tous sont survivants du bombardement
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En haut, de gauche à droite, les mains de Keiko Ogura, Park Nam-Joo, Sunao Tsuboi, et en bas de gauche à droite, les mains de Shigeaki Mori, Misako Katani et Emiko Okad. Tous sont survivants du bombardement - © JOHANNES EISELE - AFP

L'explosion de la bombe atomique Little Boy à Hiroshima le 6 août 1945 a fait un total estimé de 140.000 victimes, dont 70.000 tuées sur le coup, en raison essentiellement de la chaleur intense déclenchée par l'explosion, de l'onde de choc et des radiations.

Boule de feu

La bombe A larguée sur Hiroshima avait une puissance de 15 kilotonnes (équivalent à 15 000 tonnes de TNT, 3300 fois moins puissant que la plus puissante des bombes à hydrogène jamais testée, en 1961 par les Soviétiques). Elle a provoqué tout d'abord une "intense boule de feu", selon les termes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

On estime à 7000 degrés la température atteinte à l'épicentre de l'explosion. Cette forte chaleur provoque des brûlures graves potentiellement mortelles dans un rayon d'environ 3 kilomètres autour de l'explosion.

Le CICR évoque aussi, dans une note sur les effets des armes nucléaires sur la santé, la cécité temporaire provoquée par l'éclair intense de l'explosion nucléaire et des lésions oculaires permanentes.

Le "rayonnement thermique" qui suit en une fraction de seconde l'explosion nucléaire provoque à son tour de multiples incendies qui, dans le cas de Hiroshima, ont tout dévasté sur plusieurs kilomètres carrés autour du point d'impact.

Une "tempête de feu consume tout l'oxygène" et entraîne de nombreux morts supplémentaires par asphyxie. On estime que les brûlures et les incendies ont été la cause de plus de la moitié des décès immédiats à Hiroshima.

Onde de choc

L'onde de choc liée à la libération d'une très forte énergie par la bombe atomique est également la cause d'un grand nombre de victimes. La variation brutale de pression liée au passage de l'onde de choc entraîne des lésions corporelles directes.

L'effet de souffle peut tuer en projetant en l'air les victimes, en provoquant l'effondrement de leur habitation ou bien en éparpillant à très grande vitesse des débris.

Les victimes présentent "notamment des ruptures d’organes, des fractures ouvertes, des fractures du crâne et des blessures pénétrantes", énumère le CICR.

Radiations

L'explosion de la bombe s'accompagne de l'émission de radiations néfastes à court et à long terme pour la santé humaine.

La "maladie des rayons" affecte dans les semaines et les mois qui suivent l'explosion ceux qui ont survécu à la chaleur et à l'onde de choc.

Ces syndromes "d'irradiation aiguë" se manifestent par des vomissements, maux de tête, diarrhées, hémorragies, ou encore la perte de cheveux. Ils peuvent entraîner la mort en quelques semaines ou quelques mois.

Ceux qui ont survécu aux effets immédiats de l'explosion et des radiations, les hibakusha (victimes de la bombe en japonais) ont couru ensuite le risque de développer, des années après, des cancers.

En revanche, le centre de recherche spécialisé américano-japonais RERF (Radiation Effects Research Foundation) n'a relevé aucune "augmentation significative" de malformations importantes à la naissance chez les enfants de survivants.

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