Haïti: marche contre le viol après l'agression d'étudiantes

Plus de mille personnes ont défilé dimanche dans les rues de Port-au-Prince, en Haïti, pour dénoncer les viols collectifs qui se multiplient à travers le pays, après l'agression de deux étudiantes cette semaine.

Il n'existe pas de statistiques officielles sur l'ampleur des crimes sexuels. Selon la dernière étude du ministère de la santé, publiée en juillet 2017, une femme sur huit déclare avoir subi des violences sexuelles à un moment de sa vie. Mais, "le viol devient une forme de répression sur les femmes dans les quartiers populaires ou dans les universités, partout dans le pays", affirme Pascale Solages, militante féministe. "Les victimes gardent le silence, elles s'enferment dans un sentiment de honte et de peur".

La violence tend à s'installer comme un phénomène naturel

La foule, habillée en blanc, a quitté l'université où étudie l'une des récentes victimes d'un viol collectif et marché jusqu'au centre-ville, en passant sur le lieu de l'agression. Hurlant régulièrement à pleine voix, le cortège a réuni hommes et femmes à parts égales.

La société haïtienne reste dominée par une culture jugée patriarcale et misogyne et, au cours de la semaine, plusieurs commentateurs ont publiquement questionné la responsabilité des femmes face aux crimes, notamment par leur port de certains vêtements.

Le recteur de l'université Quisqueya, où étudie l'une des victimes, a marché aux cotés de ses élèves dont il encourage la mobilisation pour obtenir justice. "La violence tend à s'installer comme un phénomène naturel et la société commence à cultiver une culture de tolérance vis-à-vis des agressions contre les femmes : il faut dire non" a témoigné Jacky Lumarque.

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