Guy Verhofstadt veut promouvoir une alternative pro-européenne face à la montée des populismes

L’eurodéputé Guy Verhofstadt (Open Vld) a annoncé qu’il voulait allier son groupe parlementaire des libéraux et des centristes (ALDE) avec La République en Marche (LREM) du président français Emmanuel Macron, afin de construire une alternative pro-européenne face à la montée des populismes. "Je pense que beaucoup de citoyens sont derrière nous, surtout depuis le Brexit. Même s’ils critiquent beaucoup l’Union, ils ne veulent pas en sortir. Et surtout ils ne veulent pas détruire l’Union européenne".

Trop tard et trop faible

Évoquant les manifestations de ces derniers jours à Chemnitz, il dit : "Je ne pense pas que plus de gens vont voter pour les nationalistes et les populistes, mais ce qui a changé c’est l’agressivité de ces derniers, qui veulent ouvertement dire qu’ils veulent détruire le projet européen et l’Union européenne en utilisant le thème de la migration". Guy Verhofstadt veut promouvoir un "projet fédérateur : en finir avec un système où, lorsqu’il y a une crise, il faut chaque fois avoir l’accord de 27 ou 28 chefs d’Etat et de gouvernement. Cela ne peut pas fonctionner. Chaque fois on vient trop tard et on prend des mesures qui sont trop faibles parce que notre système institutionnel de décision n’est pas adapté au monde d’aujourd’hui, qui va très vite. Nous devons être compétitifs par rapport à la Chine ou à l’Inde, nous avons encore des systèmes de décision qui datent du 19ème siècle. C’est pour cela que l’on vient trop tard dans la crise migratoire, par exemple. Si demain il y a de nouveau une crise financière, on n’est pas prêt à protéger la zone euro contre cette crise".

"La démocratie européenne est en danger"

"Il veut faire de la démocratie européenne une démocratie transnationale, paneuropéenne. C’est cela qu’il nous faut et c’est là que doit se trouver le pouvoir, et pas seulement autour d’une table où sont assis 27 ou 28 chefs d’Etat" poursuit-il. "La démocratie européenne est en danger : ce sera le défi principal des prochaines élections".

Guy Verhofstadt qualifie le règlement de Dublin, qui détermine quel pays doit s’occuper d’un migrant qui arrive sur le sol européen, d’"anti-européen : il donne toute la charge et tous les problèmes à des pays comme l’Italie, la Grèce ou l’Espagne. Cela ne va pas, il faut se baser sur la solidarité".

Brexit: "C’est surtout la Grande-Bretagne qui risque de payer les pots cassés"

Guy Verhofstadt dit être confiant en ce qui concerne la conclusion d’un accord sur le Brexit : "Tout est possible en politique mais ce sera très dur". Selon lui les propositions formulées par Theresa May concernant le commerce et l’économie sont "inacceptables. Par exemple concernant l’union douanière les Britanniques veulent avoir deux tarifs, ils veulent avoir un système où ils peuvent concurrencer l’Union européenne. On ne va jamais accepter cela. Là on est encore très loin de la solution".

Guy Verhofstadt ne croit pas que la Belgique devrait craindre plus que d’autres le Brexit : "Tous les pays risquent la même chose. Mais l’impact négatif sera beaucoup plus grand pour le Royaume-Uni que pour toute l’Union européenne. L’intérêt de l’Union européenne est que le marché unique continue, que nous puissions continuer à avoir ce modèle unique au monde, qui est très important pour nos exportateurs et nos industries belges. C’est surtout la Grande-Bretagne qui risque de payer les pots cassés de toute cette opération".

Au niveau belge, Guy Verhofstadt estime que "Charles Michel fait un travail excellent dans des temps difficiles". Et il cite l’exemple de l’emploi. Mais il refuse de prononcer sur l’intérêt de travailler en coalition avec la N-VA. "En tous cas, au niveau européen, avec Charles Michel on a quelqu’un qui est écouté".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK