Guy Verhofstadt brocardé par un tabloïd britannique : une longue tradition

Guy Verhofstadt brocardé par un tabloïd britannique : une longue tradition
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Guy Verhofstadt brocardé par un tabloïd britannique : une longue tradition - © The sun

Guy Verhofstadt s’est attiré les foudres d’une certaine presse britannique : le coordinateur Brexit du Parlement européen n’a pas sa langue en poche et la série documentaire de la BBC Brexit : Behind Closed Doors le confirme une fois de plus. Guy Verhofstadt énerve. Dans ce docu qui l’a filmé pendant deux années, son équipe qualifie ainsi l’action de Theresa May d'« insensée » et « pathétique ». Les sarcasmes de l’ancien Premier ministre belge, son attitude dure, un brin cynique frisant la résignation, son langage parfois peu diplomatique (on ne compte plus les « f*** » et les « sh*** » dans ce documentaire), tout cela passe mal en Grande-Bretagne. Toute la presse le souligne et un quotidien populaire a lancé des représailles.

Dans un court article dont seuls les tabloïds britanniques ont le secret The Sun enchaîne les attaques et les insultes : « limace », « répugnant », « arrogant », « stupide », « bavard ». Le feu est nourri. Tout y passe, y compris le physique (« coiffure rideau ») et un rappel que sans Albion nous parlerions tous allemand en Europe… The Sun venge l’honneur britannique bafoué.

Une tradition outre-Manche, et ailleurs…

Un autre politique belge avec un engagement européen, Herman Van Rompuy en avait déjà fait les frais avant lui. En 2010, les insultes de l’eurodéputé eurosceptique britannique Nigel Farage qui l’a traité de « serpillière » avaient aussi trouvé un écho dans les tabloïds. L’Express semble détenir un abonnement exclusif aux sorties de Nigel Farage qui traitait encore récemment de « vil et méchant » le jugement de l’ancien président de l’Union européenne sur le Brexit. L’Express affiche un tel parti pris qu’il qualifie simplement Van Rompuy d'« eurocrate ».

Avant lui, Jean-Luc Dehaene a été dans le collimateur des eurosceptiques britanniques : pressenti pour succéder à Jacques Delors, l’ancien Premier ministre belge manque de peu la présidence de la Commission européenne en 1994, rembarré par un veto de John Major. Les Britanniques le jugent trop eurofédéraliste. La fonction lui file entre les doigts au profit de Jacques Santer, démocrate-chrétien aussi mais luxembourgeois.

Le scénario se reproduira avec Tony Blair qui bloquera… Guy Verhofstadt (et David Cameron qui désapprouvait le choix de Jean-Claude Juncker).

Mais le Belgium bashing n’est pas qu’une spécialité britannique. Et il n’y a pas que les attaques ad hominem. Notre pays en tant que tel a souvent été pris pour cible. Il suffit de se souvenir des termes peu flatteurs entendus après les attentats terroristes de 2016 : « Etat failli », « Belgistan », « Bruxelles pas belle » de Jean Quatremer ou encore Eric Zemmour qui préconisait de bombarder Molenbeek.

L’an dernier, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok qualifiait encore la Belgique de « pays invivable ».

Et sans remonter aux blagues belges de Coluche, avant cela, la Belgique avait aussi été brocardée aussi à cause des problèmes communautaires, de l’affaire Dutroux, de son passé colonial en Afrique, de la gestion des chantiers publics comme le RER ou les tunnels bruxellois ou encore de la présence des institutions et des fonctionnaires européens…

Archives : Jeudi en prime 07/03/2019

Guy Verhofstadt était l'invité de Jeudi en prime en mars dernier, en tant que « Monsieur Brexit du Parlement européen ». 

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