Les Suissesses se sont mobilisées partout dans le pays à l'occasion de la grève des femmes

Les Suissesses ont donné de la voix vendredi à l’occasion de la grève des femmes. Les cortèges dans les principales villes de Suisse sont toujours en cours, mais les organisatrices peuvent déjà tirer un bilan positif.

La journée a été marquée par de nombreuses actions à travers tout le pays, la plupart ayant été bien suivies. Les chiffres de la mobilisation ne sont pas encore connus, mais l’objectif reste de faire au moins aussi bien que lors de la précédente grève de 1991 qui avait rassemblé 500.000 personnes.

Inégalités toujours présentes

Les Suissesses ont commencé à manifester cette nuit à Lausanne. Elles ont continué toute la journée dans les grandes villes du pays avant d’arrêter de travailler à 15h24… Les femmes en Suisse se sont mobilisées pour réclamer l’égalité entre les sexes, égalité pourtant garantie par une loi adoptée en 1996 mais dont les objectifs sont loin d’être atteints. Aujourd’hui, les femmes suisses touchent en moyenne 20% de moins que les hommes. Et à conditions égales, notamment en termes de formation et d’ancienneté, l’écart salarial est encore de près de 8%, selon le gouvernement. Une situation devenue insupportable pour les femmes suisses. Cette nuit, à Lausanne, 500 d’entre elles ont entamé cette journée d’action. "Oui, l’égalité hommes-femmes a été inscrite dans la constitution" explique une manifestante, "mais l’égalité réelle, matérielle et effective pour toutes femmes, elle n’est pas là. Il y a tellement de raisons de créer un front large de contestation populaire des femmes".

Un salaire égal pour un travail égal, du temps pour se former et de meilleures perspectives professionnelles sont quelques-unes des revendications exprimées aujourd’hui. Les Suissesses ont fait preuve de patience mais ça devient vraiment trop long. "Il y a encore beaucoup de métiers féminins qui ne sont pas encore reconnus à leur juste place, il y a encore beaucoup de plafonds de verre, ça ne va pas ! Ça fait trop longtemps qu’on attend ", raconte une autre femme.

Du coté de la politique, "la participation des femmes plafonne à 28,9% en 2019. […] Et dans le secteur économique, leur part parmi les dirigeants atteint à peine 36%" précise le quotidien suisse, Le Temps.

Un mot d’ordre : l’égalité, enfin

Selon le Forum de Davos, la Suisse n’est que 20e en matière d’égalité des genres. Inégalités qui s’accentuent encore à l’âge de la retraite car de nombreuses Suissesses sont contraintes de travailler à temps partiel, la faute à l’absence de structures d’accueil pour les tout-petits. Autant de raisons qui conduisent les femmes à descendre dans la rue aujourd’hui. Une journée d’action et une organisation toute particulière.

Une grève à la mode suisse

Si certaines entreprises ou entités publiques ont accordé un jour de congé aux femmes aujourd’hui, d’autres employeurs en revanche ont rejeté toute forme d’absence. Dans la plupart des cas, les Suissesses devront prendre un jour de congé pour pouvoir manifester. Le mot grève est donc un peu excessif, c’est surtout et avant tout une journée d’actions pour faire bouger les lignes. Une journée marquée par des pique-niques géants, des concerts et même des bals. La date du 14 juin n’a pas été choisie au hasard. Elle fait référence à la votation fédérale du 14 juin 1981 qui a approuvé l’article constitutionnel sur l’égalité entre femmes et hommes. Dix ans plus tard, le 14 juin 1991, les femmes suisses avaient déjà fait grève et impliqué 500.000 personnes dans tout le pays.

Aujourd’hui, près de deux tiers de la population déclarent soutenir cette journée d’action !

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