Grève de la faim solidaire avec l'opposant Oleg Sentsov

La solidarité entoure Oleg Sentsov depuis des semaines. (Ici,  à Prague en août dernier, devant l'ambassade de Russie).
La solidarité entoure Oleg Sentsov depuis des semaines. (Ici, à Prague en août dernier, devant l'ambassade de Russie). - © MICHAL CIZEK - AFP

Un collectif de personnalités, dont l’ancienne ministre française de la Justice, Christiane Taubira, ont entamé une grève de la faim tournante devant l’ambassade de Russie à Paris. Ils réclament la libération de l’opposant ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné au nord de la Sibérie. Le cinéaste ukrainien et opposant au régime russe entame aujourd’hui son 136e jour de grève de la faim depuis sa prison lointaine. Un Belge va également participer à cette chaîne de solidarité, l’acteur réalisateur Lucas Belvaux. Pourquoi rejoindre cette chaîne de grévistes de la faim ?

Pour Lucas Belvaux, il s’agit de ne pas laisser mourir un homme pour des opinions politiques " comme ça, sans rien dire, sans rien faire, dans le silence. " D’autant que sa situation est pénible : "Il est fatigué, il est épuisé. C’est difficile, on l’imagine bien, quand on est emprisonné, qu’on a été battu, qu’on a été arrêté de façon arbitraire, qu’on est dans une lutte politique aussi longue et en étant assez seul. "

Montrer que sa mort aurait un coût politique

De là l’importance de montrer que l’opinion publique le suit. Qu’il n’est pas seul. " On doit montrer que sa mort aurait un coût politique, que dans le monde entier il y a des gens qui pensent à lui, et qu’on ne laisse pas mourir un homme dans ces conditions-là. En plus, il n’est pas seul, ils sont quand même 70 dans son cas. Ce qu’ils demandent, ce n’est pas uniquement sa libération à lui, c’est la libération de tous les autres. "

L’indépendance passent parfois au-dessus de la vie

Bien sûr, 136 jours sans s’alimenter, placé sous perfusion a quelque chose de suicidaire, reconnaît Lucas Belvaux : " C’est mettre sa vie en danger, c’est montrer que la liberté et l’indépendance passent parfois au-dessus de la vie. Dans les démocraties, on a un peu oublié la valeur que ça peut avoir. I vaut mieux mourir debout que mourir à genoux, il y a quelque chose de cet ordre-là. Tout à coup, la liberté et l’indépendance, la démocratie... il y a encore des pays où il faut se batte et être prêt à mettre sa vie en danger pour ça. Donc, il est dans une démarche où il a mis sa vie en jeu ".

Seul contre les autorités russes

Face à cette initiative, la justice russe et le président Poutine ne cèdent pas à la pression internationale. Mais Lucas Belvaux garde espoir : " Ce sont des rapports de force. Viendra un moment où le coût sera trop élevé."

Cet élan de solidarité en faveur d’Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis 136 jours, aura lieu demain.

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