Grèce : selon une enquête, la police a tiré à balles réelles sur des migrants début mars

Des migrants à la frontière entre la Grèce et la Turquie, le 7 mars 2020.
Des migrants à la frontière entre la Grèce et la Turquie, le 7 mars 2020. - © OZAN KOSE - AFP

Les gardes-frontières grecs ont tiré à balles réelles sur des migrants lors des troubles qui ont éclaté début mars à la frontière avec la Turquie, ressort-il d’une enquête menée notamment par le magazine allemand Der Spiegel, le collectif d’enquête Bellingcat et la plateforme journalistique néerlandaise Pointer (KRO-NCRV).

Un homme pakistanais a certainement été abattu par les balles grecques et plusieurs migrants ont été blessés lorsque début mars, des centaines de réfugiés ont été dirigés vers la frontière par la Turquie. La Grèce nie toute responsabilité et parle de "fausses informations du côté turc". Les Verts au Parlement européen exigent désormais une enquête.

Une reconstruction des événements sera diffusée vendredi soir sur les chaînes néerlandaises, que la députée européenne Tineke Strik (GroenLinks) a déjà pu visionner. "C’est incroyable que les autorités grecques ont tiré à balles réelles sur des personnes innocentes aux frontières européennes. Cela ne peut rester impuni."

Tineke Strik exige des éclaircissements du gouvernement grec et de la Commission européenne. Cette dernière avait salué l’action de la Grèce et ignoré les interrogations quant à l’usage de la violence à la frontière, souligne le parti néerlandais GroenLinks.

La députée européenne belge Saskia Bricmont, du groupe des Verts/ALE abonde : "Le recours à la violence contre des personnes qui demandent de l’aide constitue non seulement une atteinte inacceptable aux droits fondamentaux et au droit à l’asile mais ces exactions ne reflètent pas les valeurs européennes de solidarité que nos États et la Commission prétendent défendre", dénonce-t-elle dans un communiqué.

Elle demande à ce que tant le gouvernement grec que la Commission européenne mais aussi Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières, s’assurent que "toute la lumière soit faite sur ces évènements et (prennent) des mesures pour garantir que cela ne se reproduise pas. Le silence coupable dont ils font preuve est accablant. La Commission ne peut pas continuer à fermer les yeux sur de tels incidents, sur un meurtre, à ses frontières", conclut-elle.

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