Grèce: les citoyens, déçus et inquiets, de retour aux urnes le 17 juin

Protestations devant le Parlement à Athènes
Protestations devant le Parlement à Athènes - © Robert Geiss (DPA)

Les tractations entamées après les législatives du 6 mai pour former un gouvernement ont échoué. Un nouveau scrutin sera organisé le 17 juin prochain dans un climat morose.

Les nouvelles élections législatives en Grèce auront lieu le 17 juin et seront préparées par un gouvernement "de service", dirigé par le président du Conseil d'Etat, Panayiotis Pikramenos, nommé nouveau Premier ministre, a-t-on appris de sources officielles concordantes.

La date, dévoilée par l'agence de presse grecque ANA, a été confirmée par Panos Kammenos, chef du parti populo-nationaliste Grecs Indépendants et celui du parti de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis, après une réunion des chefs de partis chez le président de la République Carolos Papoulias destinée à nommer un gouvernement temporaire chargé de gérer les affaires courantes et de préparer le élections.

M. Pikramenos, 67 ans, joint au téléphone par l'AFP a indiqué qu'il entendait former "une équipe de 12 à 13 membres en conservant certains des ministres sortants et en leur adjoignant des magistrats".

Un scrutin crucial pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro

Ces élections, qui seront les secondes en un peu moins de deux mois, sont particulièrement cruciales pour le pays vu la montée de la gauche et des partis anti-rigueur qui contestent les mesures d'austérité du plan d'aide international à la Grèce élaboré par les créanciers du pays, UE, BCE et FMI, en échange de prêts.

Le dirigeant du parti populo-nationaliste Panos Kammenos et la dirigeante du parti communiste KKE Aleka Papariga, ont indiqué aux médias à l'issue de la réunion, que les dirigeants de partis ne s'étaient pas mis d'accord sur un Premier ministre de consensus et que M. Papoulias devrait choisir un gouvernement "de service", comme le prévoit la Constitution.

La loi prévaut qu'à défaut d'accord pour un Premier ministre de consensus, le président doit choisir entre les présidents de la Cour suprême, de la Cour des comptes ou du Conseil de l'Etat pour prendre la direction d'un gouvernement de service.

Les Grecs se rendront aux urnes sans enthousiasme

Depuis les élections législatives, marquées par l'affaiblissement spectaculaire des grands partis et une fragmentation du paysage politique, tous les efforts déployés pour former un gouvernement de coalition ont buté sur les positions incompatibles des partisans et des adversaires de l'austérité.

Les Grecs sont déçus de devoir retourner aux urnes dans moins d'un mois, inquiétude qui s'est traduite par un retrait des dépôts bancaires de 700 millions d'euros.

Mais, d'un autre côté, soulignent plusieurs éditorialistes ce matin, les récentes déclarations du couple franco-allemand indiquant que Paris et Berlin voulaient que la Grèce reste malgré tout dans la Zone Euro et surtout celle d'Angela Merkel qui annonce vouloir examiner l'ajout de mesures de croissance dans le pacte budgétaire européen, conforte la gauche radicale dans son refus de compromis avec le mémorandum d'austérité.

"Aurions-nous eu un tel résultat si nous avions succombé au chantage austérité ou expulsion de la Zone Euro?", se demandait publiquement Dimitri Papademopoulos, député du Syriza, parti radical de gauche qui, de l'aveu commun, a fait capoter toutes les tentatives de formation du gouvernement ces derniers jours. Difficile de répondre. Ce qui est sûr, c'est que selon tous les sondages, une majorité du prochain scrutin, elle, sera d'extrême-gauche, ce qui laisse sentir le problème de l'application du mémorandum de l'austérité massivement rejeté tant par les Grecs que par le Syriza.

Angelique Kourounis à Athènes, avec Ju. Vl. et AFP

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