Législatives en Grèce: les projections donnent l'avantage aux conservateurs

Une femme devant les affichages électoraux dans une rue d'Athènes, le 16 juin 2012 à la veille des législatives en Grèce
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Une femme devant les affichages électoraux dans une rue d'Athènes, le 16 juin 2012 à la veille des législatives en Grèce - © Andreas Solaro

Les bureaux de vote en Grèce ont ouvert ce dimanche à 7h pour des élections législatives test qui serviront à déterminer l'avenir du pays dans la zone monétaire européenne. Les projections du ministère grec de l'Intérieur donnent en tête le parti conservateur Nouvelle-Démocratie devant la gauche radicale anti-rigueur Syriza.

La Nouvelle Démocratie obtiendrait 29,53% et 128 sièges, Syriza est crédité de 27,12% et 72 sièges, et le Pasok est à 12,2%, ce qui lui donnerait 23 sièges. 20 sièges iraient aux Grecs Indépendants, 18 au parti d'extrême-droite Aube Dorée, 17 à la Gauche Démocratique et 12 aux communistes.

Ce résultat ne permettrait pas aux conservateurs de gouverner seuls. Problème : le Pasok, parti socialiste, troisième force, ne semble pas vouloir participer à une coalition sans Syriza, si l'on en croit les premières déclarations de plusieurs responsables du parti. De son côté, en obtenant plus de 25% des voix, Syriza peut se revendiquer d'une victoire morale : le parti représentait moins de 5% des électeurs en 2009, et en mai, il avait obtenu 17%.

Les quelque 9,9 millions de Grecs inscrits sur les listes électorales étaient appelés à départager les deux principaux partis en lice, la Nouvelle Démocratie (droite) qui se porte en garante du maintien de la Grèce dans l'euro tout en demandant des modifications au memorandum signé entre Athènes et ses créanciers, et Syriza (gauche radicale) qui vient de commencer à demander une renégociation du pacte après avoir appelé pendant des semaines à son abandon pur et simple.

Déclarations des deux favoris à la sortie des bureaux de vote

La Grèce a "vaincu la peur", a déclaré ce dimanche le chef de la gauche radicale (Syriza), Alexis Tsipras après avoir voté à Athènes. "Nous ouvrons la voie à une Grèce de justice sociale, membre à égalité d'une Europe qui change", a-t-il ajouté. Sa possible victoire face à la droite est redoutée en Europe du fait de son rejet de la cure de redressement imposée par l'UE et le FMI, qui ont menacé le pays d'une éviction de l'euro s'il devait renier ses engagements de redressement.

Une "nouvelle ère" commence en Grèce après l'élection législative cruciale de dimanche, a estimé le dirigeant du parti conservateur Nouvelle Démocratie Antonis Samaras, vu comme un possible vainqueur du scrutin. "Aujourd'hui le peuple grec parle. Demain commence une nouvelle ère pour la Grèce", a dit Antonis Samaras à la presse dimanche après avoir déposé son bulletin dans l'urne dans sa ville de Pylos, située dans la péninsule du Péloponnèse.

Sous l'oeil de l'Allemagne

Rompant avec sa neutralité affichée jusque là, la chancelière allemande Angela Merkel a jugé samedi "important" que les Grecs élisent dimanche une majorité respectant les engagements du pays en matière d'austérité. Dans un pays polarisé, cela équivaut à soutenir la droite d'Antonis Samaras, qui se présente comme garante de l'ancrage du pays dans la zone euro face à la gauche radicale d'Alexis Tsipras, dressée contre l'austérité et les réformes imposées à la Grèce.

Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international, avait aussi jugé "important" de "renouer le dialogue (...) dès la semaine prochaine" avec Athènes. Elle avait mis en avant la nécessité de "remettre les compteurs à jour" après les semaines de vide politique ayant suivi le précédent scrutin du 6 mai qui n'avait permis de dégager aucune majorité.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker avait pour sa part appelé les Grecs à "être conscients" de "l'effet dévastateur" qu'aurait une sortie de leur pays de l'euro et de l'UE.

Les responsables des pays riches et émergents du G-20 ont dit qu'ils se tenaient prêts à réagir à Los Cabos au Mexique où ils seront réunis à partir de lundi, tandis que les marchés financiers asiatiques seront les premiers à guetter le dépouillement du scrutin.

RTBF Avec agences

 

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