Grèce: le Parlement adopte une taxe sur l'immobilier dans l'urgence

Le Parlement grec
Le Parlement grec - © EPA/ALEXANDROS BELTES

Le Parlement grec a adopté mardi soir un amendement imposant en urgence une nouvelle taxe immobilière controversée pour combler les déficits publics et respecter les objectifs budgétaires du pays, au coeur de la crise de la dette dans la zone euro.

La taxe, qui fait partie des mesures d'austérité imposées par les créanciers d'Athènes, a provoqué un tollé en Grèce où plus de 70% des habitants sont propriétaires. Elle a été adoptée après un vote nominatif au cours duquel seule la majorité socialiste a voté en sa faveur (155 voix sur 297 présents) tandis que tous les partis d'opposition ont voté contre.

"L'important c'est d'arriver à atteindre les objectifs budgétaires de 2011 et de 2012", a indiqué au Parlement le ministre des Finances Evangélos Vénizélos, peu avant le début du vote.

Selon le ministère grec des Finances la valeur totale de l'immobilier grec pèse quelque 400 milliards d'euros, soit un ordre de grandeur équivalent à celui de la dette publique grecque (plus de 350 milliards d'euros en 2011).

La taxe, qui portera sur environ 562 millions de mètres carrés construits, ne représente que "0,2% de la valeur réelle de l'immobilier", estime le ministère.

Le ministre s'est engagé la semaine dernière à exempter les chômeurs de longue durée de cette taxe, à condition que l'ensemble de leurs revenus familiaux ne soient pas supérieurs à 12 000 euros et que la valeur de leur bien immobilier ne soit pas supérieure à 150 000 euros.

Cette taxe d'urgence, imposée pour rattraper le dérapage du déficit public en 2011 par rapport à l'objectif initial, devait initialement toucher l'ensemble des contribuables, chômeurs compris, à l'exception des églises et monastères de l'église orthodoxes -deuxième propriétaire foncier du pays-, des clubs de football amateur et les hôtels.

La mesure a provoqué un tollé dans le pays, qui subit une récession pour la troisième année consécutive et se trouve soumis à une série de mesures d'austérité successives depuis deux ans.

Le gouvernement a annoncé cette mesure il y a dix jours, sous pression des créanciers du pays, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), qui avaient constaté un dérapage des comptes du pays et un trou de deux milliards d'euros.

Elle a été suivie par une série d'autres mesures d'austérité, dont l'instauration de chômage technique pour 30 000 employés des sociétés publiques d'ici fin 2011, la baisse du seuil minimum d'imposition sur le revenu à 5000 euros par an et la réduction des retraites supérieures à 1200 euros.


Belga
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