Grèce: la liaison aérienne Athènes-Skopje restaurée après 12 ans d'interruption

Après douze ans d'interruption, la liaison aérienne reliant Athènes et Skopje a été officiellement restaurée jeudi après-midi, en présence des ministres adjoints aux Affaires étrangères grec et macédonien George Katrougalos et Bujar Osmani.

Deux vols par semaine dans chaque sens, les mardis et jeudis, d'une durée d'une heure et quinze minutes, seront opérés par la compagnie grecque Aegean Airlines.

Problème de nom

Cette ouverture est un pas de plus vers la normalisation espérée par les deux gouvernements, alors que depuis l'indépendance de l'ancienne république yougoslave en 1991, la Grèce refuse que son voisin s'appelle "Macédoine". Un nom dont elle estime qu'il appartient à son patrimoine historique et par conséquent ne peut s'appliquer qu'à sa province septentrionale, dont le chef-lieu est Thessalonique.

Dans le contexte de ce conflit, la liaison aérienne entre les deux capitales avait été arrêtée lorsque le gouvernement macédonien en 2006 avait nommé l'aéroport de Skopje "Alexandre le Grand" et qu'une statue du roi de l'Antiquité avait été érigée à son entrée.

En mars, le gouvernement macédonien de Zoran Zaev a voulu prouver sa bonne volonté, alors que des négociations avec le gouvernement grec d'Alexis Tsipras étaient déjà engagées, en débaptisant l'aéroport et en retirant la statue.

En juin, un accord entre les Premiers ministres a été trouvé, prévoyant de baptiser "République de Macédoine du nord" le petit pays des Balkans.

Fin octobre, le Parlement macédonien a ratifié cet accord qui doit ouvrir la voie à la levée du veto grec à l'adhésion de la Macédoine à l'Otan et l'UE.

Début 2019, les députés grecs devront à leur tour se prononcer sur l'accord, avec le risque de faire chuter le gouvernement d'Alexis Tsipras qui ne dispose au Parlement que d'une courte majorité, grâce au petit parti des Grecs indépendants qui est hostile à l'accord.

Malgré les remous politiques, dont la démission du ministre des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias en octobre, le ministre adjoint aux Affaires étrangères macédonien Bujar Osmani a assuré mercredi avant sa visite à Athènes que "le processus n'était pas menacé" et que la Grèce était "un nouveau partenaire stratégique" pour son pays.

 

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