Grèce: la fin du rêve européen pour la jeune génération

Grèce: la fin du rêve européen pour la jeune génération
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Pendant longtemps, les Grecs se sont sentis européens. Membre depuis 1981 et dans l’union monétaire depuis 2001, ils étaient fiers d’être un membre à part entière. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Après la crise et les mesures d’austérité imposées par Bruxelles à Athènes, le sentiment de rejet est palpable. C’est ce que les « Haut-parleurs », jeune chaîne rassemblant des journalistes sur Youtube, ont découvert en allant à la rencontre des jeunes.

Je t’aime, moi non plus

La jeune génération a une image négative de l’Europe, une image peu flatteuse. Alexandra a 25 ans, elle est universitaire mais n’a toujours pas trouvé de travail. Elle vit encore chez ses parents. « Je suis européenne parce que je suis née dans un pays qui fait partie de l’UE. » Mais dans son quotidien, elle le reconnaît volontiers, elle ne voit pas vraiment ce que cela signifie. « Ce que j’aimerais ressentir c’est avoir les mêmes opportunités, les mêmes possibilités dans ma vie que n’importe quelle personne des autres pays européens. »

Le rêve européen n’existe plus. La crise économique et sociale que frappe le pays depuis 10 ans n’incite pas les Grecs à aimer l’Europe. Les mesures d’austérité imposées par l’UE pour redresser les comptes d’Athènes ont eu des conséquences dramatiques sur la vie de la population locale.

Le salaire minimum a fondu comme feta au soleil. De 750 euros, on est passé à 585 euros par mois. Les retraites ont chuté de 40%, le chômage des jeunes est passé de 22% à 40%.

« Je le vois avec mes parents » explique Alexandra. « Ils travaillent beaucoup plus, leurs salaires ont baissé. Plus ils vieillissent et se rapprochent de la retraite, plus ils angoissent sur leur avenir. Ils sortent moins, ils ont moins d’activités, les courses au supermarché sont différentes ». Et d’ajouter : « J’ai 25 ans, je viens de finir mes études. En parallèle, j’ai travaillé 3 ans mais malgré cela, je n’ai pas pu m’installer toute seule et je vis encore chez mes parents alors que je n’en ai pas envie. Je travaillais 25 heures par semaine et je gagnais en moyenne 350 euros par mois, c’est peu. »

2015, la crise des réfugiés

Malgré le fait que l’UE et le FMI ont reconnu des erreurs dans les mesures d’austérité pour redresser la Grèce, la situation n’a guère évolué. D’autant qu’à une situation économique compliquée est venue s’ajouter une autre crise celle des migrants en 2015. Un million de personnes sont passées par la Grèce en 2 ans, soit près d’1/10 de la population du pays. Problème la Grèce n’avait pas vraiment les moyens ni les infrastructures pour accueillir toutes ses personnes et la situation a empiré. « Je considère que l’UE aurait dû apporter une plus grande aide en ce qui concerne la crise des réfugiés » estime Alexandra. « Au contraire, les frontières sont fermées, les gens ne peuvent plus partir et cela rend la situation encore plus difficile ici. » Bref, pour cette jeune femme de 25 ans, l’Europe n’est pas vraiment là quand on a besoin d’elle. La moitié des Grecs pensent d’ailleurs la même chose. Seule 54% de la population estime qu’être dans l’UE est bénéfique pour le pays.

Le risque de l’extrême-droite

Cette situation fait émerger l’extrême-droite. Aube Dorée est devenue la 3e force politique du pays. « L’UE me fait peur » explique alexandra. « Je ne me sens pas du tout en sécurité avec la montée du fascisme dans beaucoup de pays. »

L’Europe déçoit mais c’est quand même vers elle que l’on se tourne. Alexandra a décidé d’aller s’installer en Allemagne. « Je pense qu’en allant dans un autre pays d’Europe avec une meilleure situation que la Grèce, j’ai plus de chances d’entreprendre des choses qui me plaisent et commencer à vivre ma vie d’adulte. »

500.000 Grecs ont déjà fait ce choix…

A voir ce dimanche 5 mai dans le « maxi Bar de l’Europe » sur la Trois vers 23h30

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