Grèce: "L'Europe tolère-t-elle la démocratie?", demande Alexis Tsipras

"Seule la volonté politique peut conduire à la conclusion d'un accord" entre Athènes et ses créanciers, UE et FMI, "il n'y a pas de question technique" à résoudre, a affirmé le dirigeant grec devant le Parlement à l'occasion de "l'heure du Premier ministre", lors de laquelle il répond aux questions des députés.

"C'est la même volonté politique qui avait fait entrer la Grèce en 1980 dans l'Union européenne malgré l'avis contraire à l'époque de la Commission, et celle qui avait permis au pays de rejoindre l'euro en 2000 alors qu'il ne remplissait pas les conditions adéquates", a-t-il poursuivi.

Les longues tractations entre les créanciers et Athènes achoppent sur la résistance du nouveau gouvernement de gauche radicale à adopter de nouvelles mesures d'austérité, surtout de nouvelles coupes dans les retraites et les salaires.

Toutefois, le gouvernement grec s'est dit ces derniers jours prêt "à faire un compromis" pour faciliter la conclusion d'un accord qui permettrait notamment le versement à Athènes de la dernière tranche des prêts UE et FMI, soit un montant de 7,2 milliard d'euros.

Le ministre des Finances Yanis Varoufakis a précisé lors d'une conférence à Bruxelles jeudi soir qu'un premier accord avec les créanciers pourrait comprendre "les privatisations, la limitation du nombre de préretraites, de nouvelles règles sur la TVA et la création d'une Autorité indépendante pour la collecte d'impôts, comme ils le souhaitent".

Une taxe controversée sur l'immobilier

Selon des fuites dans la presse, les nouvelles mesures que le gouvernement pourrait adopter concernent la hausse de la TVA pour certains produits de luxe, l'unification des caisses de retraites, et la poursuite au moins pour un an de l'application d'une taxe controversée sur l'immobilier, adoptée par le précédent gouvernement issu d'une coalition entre la droite et les socialistes.

"Nous avons fait, ces derniers jours, tout ce qu'on pouvait pour arriver à la conclusion d'un accord honnête et utile avec les créanciers", a défendu Alexis Tsipras au Parlement.

"La question maintenant pour l'Europe n'est pas si elle va tolérer un gouvernement de gauche mais si elle tolère la démocratie", a-t-il ajouté.

Des progrès dans les négociations ont été évoqués ces derniers jours par de hauts responsables de la zone euro.

Mercredi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le ministre français des Finances, Michel Sapin, ont qualifié les discussions avec la Grèce de "positives".


Belga

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