Grèce: l'abbé jugé pour fraude fiscale, l'arnaque à 100 millions d'euros

Des manifestations après l'arrestation de l'abbée Ephraïm (pancarte)
Des manifestations après l'arrestation de l'abbée Ephraïm (pancarte) - © EPA

L'abbé orthodoxe Ephraïm a été placé en détention provisoire ce mercredi pour fraude fiscale en Grèce. Le religieux aurait troqué des terrains contre des immeubles olympiques en 2004, avant de les vendre et d’empocher quelques 100 millions d'euros.

Le monastère orthodoxe de Vatopedi, sur le mont Athos à l'Est du pays, est en effervescence. Son supérieur, l'abbé Ephraïm, est accusé d'avoir fraudé le fisc grec pour la coquette somme de 100 millions d'euros.

A l'occasion des Jeux olympiques de 2004, le monastère échange certaine de ses terres contre des immeubles olympiques fabriqués par l’État. L’Etat accepte ce troc sans se douter que le monastère vendrait ces immeubles au prix fort, raflant une mise de dizaines de millions d'euros.

Le monastère, l'un des plus riches de Grèce, serait le propriétaire d'un vaste patrimoine composé de montagnes, de lacs et de plages. Il possèderait aussi des mines et des complexes hôteliers, bien au-delà des frontières grecques. L'Église Orthodoxe grecque serait même le plus grand propriétaire foncier du pays. Encore très lié au monde politique, l’Église bénéficie d'exonérations fiscales et ses 11 000 prêtres sont rémunérés aux frais de l’État. L'arrestation de l'abbé Ephraïm, 56 ans, a provoqué un tollé dans le milieu orthodoxe grecque et russe.

Même si la Grèce tente de lutter contre ces exonérations depuis 2010, le succès n'est pas encore au rendez-vous. Les Jeux Olympiques de 2004 auraient fait gonfler de 2% la dette du pays, de l'avis du président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge. Pour lui "la planification pour la rentabilisation des sites olympiques aurait pu être meilleure". Qu'il se rassure, l’Église orthodoxe veille à cette rentabilisation.

RTBF avec RFI et L'expansion

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