Grèce: débâcle pour les deux grands partis, les néo-nazis au Parlement

Les électeurs grecs se sont rendu aux urnes
Les électeurs grecs se sont rendu aux urnes - © AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Un responsable du parti conservateur grec pro-austérité Nouvelle-Démocratie a revendiqué dimanche la "première place" pour son parti à l'issue des élections législatives. Les deux partis au pouvoir subissent cependant de grosses pertes. Un petit parti néo-nazi entrera au Parlement.

"Nous sommes le premier parti, c'est clair", a affirmé sur la télévision Méga Panos Panayotopoulos. Un nouveau sondage sortie des urnes le confirme d'ailleurs, lui attribuant 19 à 20,5% des voix (contre 33,5% en 2009).

Le parti de gauche radicale Syriza est, lui, devenu la deuxième force politique en Grèce, devant le Pasok socialiste qui partageait jusque-là le pouvoir avec les conservateurs de la Nouvelle Démocratie.

Le Syriza remporte 15,5% à 17% des voix, devant le Pasok, ex-pilier du bipartisme grec, qui s'effondre à 13-14%, contre 44% en 2009.

Pour arriver à former un gouvernement de coalition avec les socialistes, l'option qui semblait la plus probable jusque là, la ND devrait cumuler avec eux autour de 37% des voix.

Au total, le bloc de gauche anti-austérité caracole entre 29 et 33% des voix, en comptant la progression du parti communiste ultra-orthodoxe entre 8% et 9,5% et une percée autour de 6% de la Gauche démocratique, des dissidents modérés du Syriza.

Face aux deux partis gouvernementaux, le bloc de droite rejetant l'austérité UE et FMI, perce aussi entre 16,5 et 18,5%, dont autour de 7% pour le seul groupe néo-nazi Chryssi Avghi qui fait ainsi irruption au parlement.

Selon le même sondage, coréalisé par cinq instituts, trois petits partis jouent leur entrée au parlement, autour du seuil requis de 3% des votes: le Laos d'extrême-droite, les verts et la formation de centre-droit pro-austérité Alliance démocratique.

Quid des engagements européens ?

Si les deux partis actuellement au pouvoir n'arrivaient pas à 37% à eux deux, cela pourrait hypothéquer la politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI.

Les 37% leur garantiraient effectivement une majorité absolue au parlement, soit 151 sièges.

Un mandat pour former un gouvernement devrait néanmoins être accordé au chef du premier parti, la Nouvelle Démocratie.

"C'est un séisme politique qui frappe les partis gouvernementaux", a estimé sur la chaîne Mega Panos Panagiotopoulos, un ténor de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur qui revendique la première place.

"Ne considérons pas que le sondage sortie des urnes nous donnera le résultat final, cela va nous donner une image du paysage politique avant un affinement qui va se poursuivre dans la nuit", a cependant averti le politologue Ilias Nikolakopoulos, sur la chaîne de télévision Mega.

Environ 9,8 millions d'électeurs grecs ont voté dimanche pour renouveler le Parlement dans un scrutin dominé par l'implosion du vieux système politique et du bipartisme, au risque de remettre en cause les efforts de redressement du pays au sein de la zone euro.

Aux termes de la Constitution, le mandat pour trouver un gouvernement d'alliance est d'abord remis au premier parti, avant de passer en cas d'échec aux deux suivants, dans un délai d'une dizaine de jours.

Après avoir voté, l'actuel Premier ministre Lucas Papademos avait tenté de dissiper la menace d'une instabilité politique, en s'affirmant confiant dans la formation d'un gouvernement "dès cette semaine".

Les néonazis entrent au Parlement et se livrent à des intimidations

Illustrant le climat d'exception qui a régné pendant toute la campagne, une trentaine de néonazis ont fait irruption dans six bureaux de vote athéniens durant la journée, où ils se sont livrés à des intimidations contre des militants de gauche, selon le petit parti d'extrême gauche Antarsya.

La police a confirmé deux incidents, attribués au groupuscule Chryssi Avghi (Aube dorée) qui présentait aussi des candidats et fait son entrée au Parlement pour la première fois de l'histoire moderne du pays, après avoir obtenu entre 6 et 8% des voix selon le sondage sortie des urnes.

Ce parti néonazi, longtemps semi-clandestin et réputé pour ses agressions contre les migrants, dénonce le mémorandum d'accord signé par la Grèce avec ses créanciers, et refuse le remboursement de la dette publique. Son entrée au parlement constitue un choc dans un pays qui a subi durement le joug de l'occupation nazie et une dictature militaire de 1967 à 1974.


AFP

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