Grèce: Alexis Tsipras continue sa tournée européenne, halte à Bruxelles

Comme le veut la tradition, le nouveau Premier ministre grec avait commencé sa tournée par Chypre le 3 février 2015.
Comme le veut la tradition, le nouveau Premier ministre grec avait commencé sa tournée par Chypre le 3 février 2015. - © MARIA CHRISTODOULOU - BELGAIMAGE

Le nouveau Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, poursuivent leur tournée européenne pour tenter d'engranger des soutiens en vue d'un allègement de la dette. Les deux hommes étaient attendus à Bruxelles, Paris et Francfort, une semaine après la formation du gouvernement grec. Il s'agissait surtout de visites symboliques, sauf à la BCE qui doit décider si elle continue à soutenir les banques grecques qui elles mêmes soutiennent leur économie. A priori, la BCE n'a pas de raison de cesser ce soutien financier mais elle précise qu'elle aidera la Grèce si le nouveau gouvernement reste dans les clous budgétaires. Yannis Varoufakis, le ministre des Finances s'est dit très satisfait après sa rencontre avec le président de la BCE. Nous avons des discussions très fructueuses, a-t-il dit, et cela m'encourage vivement pour l'avenir.

Alexis Tsipras a commencé la journée à Bruxelles où il a rencontré les présidents des trois institutions européennes : Jean-Claude Juncker (Commission), Donald Tusk (Conseil) et Martin Schulz (Parlement). Le premier ministre grec poursuit ensuite sa tournée à Paris cet après-midi où il rencontre le président français François Hollande .

Il n'y a pas eu beaucoup de commentaire à la sortie des entrevues de ce matin mais Alexis Tsipras s'est toutefois dit confiant après son entretien avec Martin Schulz, le président du Parlement européen : "Je suis optimiste après cette rencontre, nous sommes en bonne voie mais évidemment nous n’avons pas encore d’accord mais disons que nous sommes dans la bonne direction".

 

Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, sera lui en Allemagne pour une rencontre avec les dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, avant une rencontre-clé jeudi avec son homologue allemand Wolfgang Schaüble, qui incarne la ligne la plus dure face à toute velléité d’alléger la dette grecque.

Les propositions d'Athènes commencent néanmoins à prendre forme : le ministre des Finances a notamment suggéré un échange de la dette grecque contre de nouvelles obligations indexées sur la croissance.

Les premiers bons du Trésor à six mois depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza ont par ailleurs été émis à Athènes.

Varoufakis "encouragé pour l'avenir" après "discussions fructueuses" avec Draghi

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis s'est dit mercredi "encouragé pour l'avenir" après des "discussions fructueuses" à Francfort avec le président de la BCE Mario Draghi, à qui il était venu demander un soutien pour les banques grecques.

"Nous avons des discussions très fructueuses", a déclaré le ministre au sortir de la rencontre, assurant que la communication avait été "excellente", ce qui lui procurait "un vif encouragement pour l'avenir".

La banque centrale joue un rôle pivot dans la course contre la montre de l'Etat grec. "La BCE doit soutenir nos banques pour que nous puissions garder la tête hors de l'eau au moyen de l'émission de dette à court terme", a enjoint M. Varoufakis dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Die Zeit, publié mercredi, où il reconnaît être "ministre des Finances d'un Etat en faillite".

Les banques grecques sont les principales acheteuses des obligations grecques, par lesquelles le pays se finance à court terme. Et c'est essentiellement la BCE, par le biais de deux mécanismes de prêts - un "ordinaire" mais conditionné au programme international d'aide dont bénéfice toujours Athènes et un autre d'urgence - qui fournit des liquidités aux banques grecques.

Le conseil des gouverneurs se réunissait mercredi après-midi. Selon le Financial Times, il est réticent à augmenter le plafond de garanties que la BCE accepte en échange de ses prêts aux banques grecques, relèvement qui permettrait à la Grèce d'avoir les coudées franches dans les prochains mois.

M. Varoufakis a indiqué au sortir de l'entretien avoir évoqué avec M. Draghi "les contraintes, les règles, les régulations et le processus" selon lesquels la BCE accorde ses aides, sous-entendant que le président de la BCE était peu enclin à outrepasser les règles. Dans son interview à Die Zeit, le ministre grec estimait pourtant que "ce ne serait pas la première fois qu'elle (remplirait) un tel rôle" si la BCE choisissait de se montrer plus coulante avec les banques grecques.

Sur les marchés, peu d'acteurs s'attendaient à ce que M. Draghi accède sans conditions aux demandes grecques. "Le message sera clair, sans un accord avec la zone euro, la BCE devra arrêter de soutenir les banques grecques avec des liquidités", assurait ainsi Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg.

RTBF et agences

 

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