Gravir l'Everest est désormais interdit aux aveugles et aux plus de 75 ans

Gravir l’Everest est désormais interdit aux aveugles et aux plus de 75 ans
Gravir l’Everest est désormais interdit aux aveugles et aux plus de 75 ans - © PRAKASH MATHEMA - AFP

Les autorités népalaises ont annoncé de nouvelles règles concernant l’ascension de l’Everest, près de trois mois après les incidents qui ont fait dix morts sur le "toit du monde", après des embouteillages incroyables.

S’il ne s’agit pas des premiers amendements de la loi sur le tourisme en montagne dans le pays, les nouvelles règles limitent l’accès au plus haut sommet du monde (8848m), interdisant notamment aux alpinistes de tenter l’ascension sans guide. Parmi les personnes interdites de grimpette, les seniors de plus de 75 ans, les non-voyants ainsi que les personnes amputées d’au moins deux membres.

Pour accéder à l’Everest, il faudra également avoir un peu d’expérience en alpinisme : seuls les grimpeurs qui auront déjà gravi un sommet de plus de 7000 mètres pourront s’attaquer à celui-ci (mesure qui ne s’applique pas aux locaux, qui peuvent obtenir un permis après une formation de 30 jours). Les sherpas qui seront arrivés jusqu’en haut recevront de leur côté un certificat spécial.

Le tourisme apporte des revenus, mais pose des questions de sécurité

Mais ces règles auront-elles vraiment un impact sur le tourisme alpin qui attire toujours plus de grimpeurs plus ou moins expérimentés sur l’Everest ? L’alpiniste Burnham Arlidge est sceptique : "Le gouvernement népalais semble se focaliser sur des règles de niches qui ne visent qu’un petit pourcentage des grimpeurs, écrit-il sur le site MountainIQ. Une seule personne aveugle a jamais essayé de gravir l’Everest, et il est très difficile d’imaginer qu’un autre le tente !" Idem pour les amputés ou les plus de 75 ans, même si deux grimpeurs octogénaires vont tenter l’ascension cette saison.

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Burnham Arlidge estime que le gouvernement népalais est "coincé" : "chaque expédition attire beaucoup de tourisme, de médias et de revenus pour le petit pays, mais cela pose aussi beaucoup de questions de sécurité, surtout si on laisse n’importe qui tenter." L’alpiniste reconnaît toutefois qu’une mesure devrait avoir un réel impact : celle sur les grimpeurs en solitaire, qui ne pourront plus tenter l’aventure sans guide. Reste à savoir si ces mesures seront réellement appliquées tout en haut. En mai dernier, dix alpinistes étaient décédés en une semaine, à cause du manque d’oxygène, certains étant restés coincés dans la file qui s’agglutine au sommet.

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