Grande-Bretagne: les déserts alimentaires se multiplient

Grande-Bretagne: les déserts alimentaires se multiplient
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Grande-Bretagne: les déserts alimentaires se multiplient - © Tous droits réservés

À Attersley, banlieue de Manchester, quatrième plus grande ville du Royaume-Uni, les petits pavillons abritent plus de 5000 personnes. Pourtant, il n’y a qu’un seul supermarché et aucun commerce de proximité. Attersley est ce qu’on appelle un désert alimentaire.

Comme 1 habitant sur 2, Emma n'a pas les moyens d'avoir un véhicule et traverse donc un petit bois à chaque fois qu'elle part faire ses courses au supermarché. "La plupart des gens ici n'y vont pas, car ce n'est pas dans leur budget. Si vous voulez payer vos factures, vous devez faire attention à ce que vous achetez", explique-t-elle à l’équipe de France 2 à laquelle elle accepte de raconter ses difficultés.

7000 déserts alimentaires

Emma est hôtesse d'accueil et gagne moins de 1000 euros par mois, aides sociales comprises. Elle aimerait voir un supermarché à bas coût ouvrir dans son quartier, pour pouvoir remplir son frigo. Car parfois, elle doit choisir entre se nourrir et chauffer la maison. "Cela m’est arrivé de sauter des repas, déjeuner, dîner. Quand ma fille est à l’école, je ne me prépare pas à manger, je dois choisir entre manger et avoir du chauffage."

De plus en plus de familles britanniques sont confrontées à ce problème. Selon une récente étude, plus de 7000 déserts alimentaires ont ainsi été recensés à travers le pays et leur nombre ne cesse d'augmenter.

"Cela peut paraître incroyable, explique Scott Corfe, économiste et directeur de l’étude sur les déserts alimentaires. Les commerces ne s’installent pas dans ces zones-là parce que ce n’est pas assez rentables pour eux. Les gens n’achètent pas assez. La conséquence c’est que les personnes qui vivent dans ces déserts alimentaires n’ont pas le choix. Ils ne peuvent pas se nourrir sainement."

Alors chaque vendredi à Attersley, une association distribue de la nourriture aux habitants en grande précarité. Bien sûr ceux-ci doivent donner une petite contribution. "Ici, c’est 8 euros, au supermarché à côté, cela coûterait 30 euros. Ils ont trois sacs, des conserves, des plats cuisinés et des légumes frais comme une citrouille ou des avocats", explique une bénévole.

Pour Margareth Reynold, retraitée de 76 ans, la présence de l’association est indispensable. Sa pension n’est que de 600 euros. "Je viens ici pour faire des provisions car ma pension de retraite sert à payer les factures. Après je n’ai plus rien. Je n’ai jamais pensé venir ici un jour. C’est une épreuve de la vie."

Au Royaume-Uni, 1 personne sur 5 est en situation de pauvreté.

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