Grande-Bretagne: comment expliquer le score élevé du parti pro-Brexit dans les sondages?

Le parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage s'envole avec 34% d'intentions de vote aux élections européennes, plus que le Parti conservateur et le Parti travailliste réunis.

Amandine Alexandre, correspondante RTBF à Londres, décryptait ce lundi sur La Première la campagne pour les élections européennes en Grande-Bretagne. 


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Nigel Farage s'était retiré après le référendum sur le Brexit en 2016 et il revient...

« Ce n'est pas faux, il s'est retiré en 2016 du UK Independence party. Mais en réalité Nigel Farage est bien resté dans le paysage politique et médiatique britannique au cours des trois dernières années. L'eurodéputé d'extrême droite a sa propre émission de radio, il intervient régulièrement sur la BBC. La semaine dernière, il a même été l'invité de l'une des émissions politiques de la BBC pour la 33e fois depuis la création de cette émission.

Donc, à la faveur des élections européennes, Nigel Farage ne fait que revenir sur le devant de la scène politique à un moment où le flou le plus complet règne sur l'avenir du pays, puisque le Brexit a été repoussé le mois dernier jusqu'au 31 octobre prochain. Pour l'instant, on ignore toujours de quelle façon Theresa May va pouvoir trouver une voie de sortie à la paralysie qui s'est emparée de la classe politique. »

Ce score dans ce récent sondage est-il plutôt dû à un ras-le-bol des Britanniques de voir conservateurs et travaillistes se disputer, se renvoyer la balle ? Ou est-ce une confirmation que le Brexit est ce que veut une majorité de Britanniques ?

« Ça concerne avant tout la très grande vulnérabilité des deux principaux partis de gouvernement : les Conservateurs de Theresa May et les Travaillistes emmenés par Jeremy Corbin puisque ni la droite ni la gauche n'ont une position claire et cohérente au sujet du Brexit.

Les élus du parti conservateur n'ont qu'une obsession, c'est mettre Theresa May le plus rapidement possible à la porte du gouvernement et des partis. Quant au parti travailliste, il a tourné le dos à la majeure partie de ses électeurs qui ont voté contre le Brexit en 2016, et depuis un mois, son numéro un, Jeremy Corbin et son entourage essaient de négocier un compromis avec Theresa May pour trouver une issue à la crise dans laquelle est plongé le pays depuis l'automne dernier. Les pourparlers s'éternisent et l'issue de cette négociation semble très incertaine. Nigel Farage, lui, parvient à capter l'électorat pro-Brexit. »

Comment a-t-il encore une crédibilité? Est-ce qu'il offre une vraie solution aux Britanniques alors qu'au lendemain du référendum sur le Brexit, en 2016, il reniait à la télévision ses promesses de campagne?

« Il se fait l'avocat d'une sortie sans accord, ce qu'on appelle le 'No Deal'. Ça a l'avantage de la simplicité, en apparence, car il dit que le Royaume-Uni pourrait rompre du jour au lendemain avec l'Union européenne de manière aussi brutale. En réalité, c'est un fantasme, mais qui a beaucoup d'attraits pour une partie des électeurs partisans du Brexit et qui, soit sont prêts à subir les pires conséquences d'un retrait brutal de l'Union européenne, soit ignorent tout simplement toutes les implications les plus désastreuses les unes des autres qu'aurait un No Deal. Nigel Farage n'a même pas de programme pour les élections européennes. »

 

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