Grande-Bretagne: c'est quoi ce scandale "Windrush" qui a fait tomber la ministre de l'Intérieur?

Amber Rudd, la ministre de l'Intérieur britannique, a annoncé sa démission ce dimanche. Cette membre du parti Conservateur  était sur la sellette depuis plusieurs jours après la révélation que ses services avaient des objectifs chiffrés pour expulser les immigrés clandestins. Elle avait tout d'abord nié être au courant de l'existence de tels objectifs devant une commission parlementaire.

La ministre démissionnaire paye également pour le scandale dit de "Windrush", du nom d'un bateau qui a amené il y a 70 ans des migrants des Antilles britanniques vers Londres.

Entre 1948 et 1979, l'Angleterre a fait venir des centaines de milliers de Caribéens sur son sol pour participer à la reconstruction du pays. En échange, ils ont eu le droit de s'installer dans le pays... sans recevoir de papiers d'identité officiels. 

Pour ces personnes âgées et leurs descendants, cette migration est devenue de l'histoire ancienne. Sauf qu'après avoir vécu cinquante, soixante, voire septante ans en Angleterre, elles ont reçu, au détour de démarches administratives quelconques, des ordres d'expulsion.

Le choc de devoir prouver sa nationalité

Ces résidents britanniques ont perdu dans la foulée leurs droits sociaux, leur accès aux soins de santé, leurs allocations, leur droit à un logement. Des personnes âgées ont même été mises en détention. Dans leur choc de ne plus être considérés citoyens britanniques, ils ont dû réunir des preuves de toute une vie sur place.

Car, si la Grande-Bretagne leur avait bien reconnu un droit de résidence permanente en 1971, ils n'avaient pas été inscrits correctement individuellement comme citoyens britanniques. Quand le gouvernement de Theresa May a serré la vis envers les migrants en situation irrégulière, ces anciens Antillais se sont retrouvés sur les listes des retours. 

"Le gouvernement leur demande de prouver qu'ils sont bien Britanniques. C'est compliqué pour la génération Windrush. Beaucoup d'enfants sont entrés grâce au passeport de leur oncle, de leur tante ou de leurs parents. Ils n'avaient pas leur propre passeport", explique  Bob Kerslake, ex-chef du Civil Service.

L'affaire a fait scandale et des cafouillages des autorités ont accentué les remous. Le parti conservateur de Theresa May pourrait en payer les conséquences dans les urnes, à quelques jours d'élections locales dans le pays.

Manifestation pour dénoncer l'expulsion de Britanniques faisant partie de la "génération Windrush"

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