Grand débat en France: Édouard Philippe veut baisser les impôts "plus vite"

L’exécutif retient du grand débat qu’il faut « baisser plus vite les impôts » face à une « immense exaspération fiscale », a affirmé lundi Edouard Philippe, qui veut plus largement répondre sans « frilosité » à « un besoin de changement radical » des Français.

« La première exigence, c’est en fait une immense exaspération fiscale », a déclaré le Premier ministre lors d’un discours au Grand Palais concluant le compte rendu détaillé des remontées du grand débat en France.

Face à « une sorte de tolérance fiscale zéro », « les débats, je le crois, nous indiquent clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts », a-t-il dit.

Avant une adresse au Parlement mardi et mercredi, et à quelques jours des premiers arbitrages du président Macron, le Premier ministre a affiché la volonté de l’exécutif d’annoncer des décisions fortes après la crise des « gilets jaunes » et trois mois de grand débat national.

Construire les outils d’une démocratie plus délibérative

« Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable », a-t-il affirmé.

« Le président l’a dit, nous ne pourrons plus gouverner comme avant », a déclaré le Premier ministre, jugeant nécessaire « de construire les outils d’une démocratie plus délibérative ».

« Certains annonçaient la fin de la démocratie représentative et l’avènement de ce qui aurait pu être une forme de démocratie directe et médiatique permanente. Ça n’est pas ce que les Français veulent, ils sont exigeants, ils veulent une démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace et une exemplarité encore renforcée », selon les conclusions du Premier ministre.

Quant à l’écologie, « nos concitoyens nous disent qu’ils sont prêts à changer de comportement, dans un grand nombre de domaines, en revanche, ils ne veulent pas, ils ne veulent plus, que des taxes leur dictent ce qu’ils doivent faire et dans les cas où ils peuvent l’envisager, ils veulent que leurs produits financent des dispositifs d’accompagnement », a relevé l’ancien maire du Havre après trois heures de compte rendu.

« Ces réunions (du grand débat) ont fait honneur à leurs participants » et « au débat démocratique », a-t-il salué, en s’en prenant aux « exemples de violence que d’autres se complaisent à donner chaque samedi » lors de manifestations de « gilets jaunes ».

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