Goncourt, Renaudot, Femina, des prix parfois trop "élitistes": "Je crois plus aux prix des lecteurs ou des lycéens"

Après le prix Femina, remis au "Lambeau" de Philippe Lançon, on attend de mardi la décision du jury du Médicis, avant l'attribution du Goncourt et du Renaudot mercredi.

Quatre prétendants sont en lice pour le Goncourt, le plus convoité des prix littéraires du monde francophone : David Diop, 52 ans, pour "Frère d'âme" (Seuil), Paul Greveillac, 37 ans, pour "Maîtres et esclaves" (Gallimard), Nicolas Mathieu, 40 ans, pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud) et Thomas B. Reverdy, 44 ans, pour "L'hiver du mécontentement" (Flammarion).

Qui succèdera à Eric Vuillard, lauréat du Goncourt l'an dernier ? David Diop, seul auteur à figurer quasiment dans toutes les sélections (il est également en lice pour le Femina, le Médicis et le Renaudot), figure parmi les favoris. Mais pour Marc Filipson, libraire et patron de Filigranes, le Goncourt n'est pas toujours le plus important, car ces prix sont parfois un peu élitistes: "Depuis quelques années, tous les grands prix d’automne ont créé des prix des lycéens. Et ces prix, pour nous libraires, sont beaucoup plus crédibles et en termes de ventes, on se rend compte que le Goncourt des lycéens atteint et peut parfois dépasser, si le libraire est prescripteur, les ventes du Goncourt".

Selon lui, ces prix "des lecteurs", comme le prix FNAC ou "des lycéens" sont souvent plus crédibles "puisqu’il y a beaucoup de lecteurs et c’est un lectorat populaire et de professionnels. Donc, moi j’y crois beaucoup plus. Et notre métier est depuis des années de mettre en garde les clients et les lecteurs potentiels qui n’achètent qu’un ou deux livres par an et qui se basent sur un prix Goncourt ou autre".

Marc Filipson a lui-même créé le prix Filigranes "en réaction il y a maintenant quatre ans au fait que " La Vérité sur l’affaire Harry Quebert ", qui était en finale du Prix Goncourt, n’a pas obtenu le prix. C’est un livre qu’on a jugé, qu’on a jaugé, qu’on a critiqué, mais c’est le seul livre qui, à ma connaissance, a fait deux millions d’exemplaires l’année de sa sortie. Ce n’est pas la raison principale, mais il a ce quelque chose qui fait qu’il a amené énormément de gens à la lecture. Et aujourd’hui, il faut pousser les gens à lire. Donc, pour cette raison, j’ai créé ce prix Filigranes dont la définition est " un livre de qualité accessible à tous ".

 

 

 

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