Goma: "L'Onu doit pouvoir combattre les rebelles", selon Didier Reynders

Dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC), les rebelles du M23 ont pris le contrôle de la l'aéroport et de la ville de Goma, capitale régionale du Nord-Kivu. Les combats violents ont une nouvelle fois obligé les populations à fuir et entraîné le déplacement de camps entiers de réfugiés.

Les Nations unies se sont révélées impuissantes à arrêter la progression de cette rébellion que le Rwanda voisin est accusé de contrôler en sous-main.

"Nous demandons l’arrêt des violences sur place et une condamnation très ferme des rebelles", a commenté le chef de la diplomatie belge. "Il y a déjà des sanctions qui ont été prises contre certains dirigeants des rebelles", rappelle le vice-Premier ministre mais il souhaite aller plus loin et "clairement faire passer le message: il n’y aura pas d’impunité pour la rébellion".

Renforcer la mission des Nations unies sur place

"Il faut être conscient de l’importance de renforcer l’action des Nations unies", estime Didier Reynders. La Monusco (la Mission des Nations unies au Congo) compte actuellement 17 000 hommes, soit "la plus grand opérations des Nations unies dans le monde", explique le libéral.

Mais malgré cela, on se trouve confronté à un incontestable "constat d’échec". Selon l'ancien président du MR, cela tient au fait que l'on "n’a pas doté la Monusco des moyens suffisants: son mandat se limite à la protection des civils. Il faut le renforcer et permettre au moins une action offensive contre les rebelles". Il y a une possibilité d’ajouter 2000 hommes au 17 000 déjà présents, rappelle-t-il. 

Notre ministre des Affaires étrangères est ici exactement sur la même ligne que son homologue français. "Déployer 17 000 hommes et fixer un mandat qui ne permet pas d'intervenir, c'est absurde", a en effet déclaré Laurent Fabius.

De son côté, l'Onu condamne l'action de la rébellion. "Nous avons des informations selon lesquelles le M23 a blessé des civils, poursuivi les enlèvements d'enfants et de femmes, détruit des propriétés et intimidé les journalistes et ceux qui ont tenté de résister à leur avancée", a précisé Eduardo del Buey, porte-parole de l’Onu.

Enfin, pour Didier Reynders, "il faut condamner tout soutien extérieur et donc demander au Rwanda, si comme il le dit, il n’est pas partie au problème, de devenir une partie de la solution". Une façon de mettre diplomatiquement le Rwanda, dont les Nations unies et plusieurs Ong ont apporté des preuves de son soutien au M23, face à ses responsabilités.

Opération "Pilier de Défense" à Gaza: "Eviter une opération terrestre de grande envergure"

L'agenda diplomatique est évidemment également noirci par la reprise des hostilités entre Israël et la Bande de Gaza. A ce sujet, le ministre MR ne se prononcera pas sur le fait de savoir si l'action d'Israël peut être qualifiée de "mesurée" ou non. "On essaie surtout d'éviter une opération terrestre de grande envergure", explique l'invité de Bertrand Henne. 

On sait en effet que celle-ci pourrait s'avérer encore plus meurtrière que les raids qui frappent Gaza jusqu'ici. La dernière opération de ce type ("Plomb durci") avait fait plus de 1300 morts côté palestinien en 2009. A ce jour, l'opération "Pilier de Défense" a déjà fait 135 victimes à Gaza.

Dès lors, "tous les efforts doivent être tournés vers l'obtention d'un cessez-le-feu", juge Didier Reynders. 

En outre, "nous demandons que les Etats-Unis et l'Union européenne reprennent le chemin des négociations pour une solution à deux Etats. Il faut d'un côté que les Palestiniens obtiennent leur Etat et de l'autre qu'Israël puisse vivre dans la paix et la sécurité", affirme-t-il.

Un budget de centre-droit? "Je le crois"

Concernant la Belgique cette fois, c'est évidemment le budget présenté hier par le comité ministériel restreint qui a monopolisé l'actualité politique.

L'ancien ministre des Finances relève trois caractéristiques majeures à propos de celui-ci: il permet de rester dans les "clous" européens, de préserver le pouvoir d'achat - "en particulier des plus faibles" - et il est tourné vers les entreprises et la création d'emploi.

Est-ce un budget qui peut être qualifié de "centre-droit"? "Je le crois mais je ne pense pas que ce soit l’essentiel du débat", répond un Didier Reynders un peu goguenard sur ce coup. 

Julien Vlassenbroek

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