Glyphosate: toujours pas d'unanimité parmi les Etats membres

Glyphosate: toujours pas d'unanimité parmi les Etats membres
Glyphosate: toujours pas d'unanimité parmi les Etats membres - © BELGA/AFP

Faut-il prolonger l’autorisation de l’herbicide glyphosate dans l’Union européenne ? Cette question très délicate reste sans réponse depuis des semaines. L’actuelle homologation expire à la fin du mois de juin mais les Etats membres sont toujours divisés sur la voie à suivre. S'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, c'est parce que le glyphosate fait polémique : plusieurs études scientifiques s’opposent sur le caractère cancérigène de cet herbicide, très utilisé dans l’agriculture et le jardinage.

Pour sortir de la crise, la Commission a mis sur la table la semaine dernière un texte de compromis. Dans ce nouveau texte, l'autorisation du glyphosate ne serait plus renouvelée pour neuf ans, comme dans la proposition initiale, mais seulement pour un an, voire un an et demi, le temps de recevoir un nouvel avis scientifique, celui de l’Agence européenne des produits chimiques. La réponse des Etats membres à cette proposition de compromis était attendue ce lundi. Mais cette fois encore, ils n'ont pas réussi à s'accorder.

Malte, seul Etat membre à voter contre

C'est déjà la troisième fois depuis le début de l’année que les experts des Etats membres se rencontrent pour trouver une position commune sans y parvenir. Ce lundi matin, 20 pays - dont la Belgique - ont voté pour le compromis de la Commission mais sept pays  - dont de grands comme l’Allemagne, la France et l’Italie - se sont abstenus. Malte a voté contre.

Pour Valérie Xhonneux, Chargée de mission politique des produits, substances chimiques et pesticides à Inter-Environnement Wallonie, ce désaccord persistant entre Etats membres est lié à la pression exercé par les ONG environnementales et la société civile, mais pas seulement : "C'est aussi lié en partie à la prise de conscience de certains Etats membres par rapport au danger que représente le glyphosate pour la santé et l’environnement. La prise de risque proposée par la Commission européenne n'est pas acceptable et ce sont bien des mesures beaucoup plus précautionneuses et plus prudentes qui doivent être adoptées maintenant".

Passage en force de la Commission? Peu probable

La Commission européenne devra maintenant mettre la question à l’ordre du jour de sa réunion de ce mardi. Plusieurs scénarios sont envisageables. La Commission pourrait saisir un comité d'appel d’ici une quinzaine de jours. Et puis, faute de pouvoir convaincre les Etats membres, l’exécutif européen pourrait théoriquement passer en force. Mais ça paraît peu probable vu le caractère très sensible de ce dossier qui touche à l’environnement et la santé.

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