Gilets Jaunes: un commandant de police décoré frappe des manifestants à Toulon

Gilets Jaunes: un commandant de police décoré frappe des manifestants à Toulon
Gilets Jaunes: un commandant de police décoré frappe des manifestants à Toulon - © Tous droits réservés

A son actif, 34 années de service, et depuis le 1er janvier dernier, une décoration républicaine, la Légion d'honneur. Son nom, Didier Andrieux, commandant divisionnaire et responsable des policiers en tenue de Toulon, dans le sud de la France. L'homme, visage découvert, apparait sur plusieurs vidéos amateurs en train d'asséner de violents coups de poing, tour à tour, à un manifestant plaqué contre un mur et à un autre allongé sur le pare-choc d'une voiture. Les faits se déroulent en marge d'une manifestation de gilets jaunes toulonnais.

Le préfet du Var a saisi l'IGPN (inspection générale de la police nationale), a-t-il annoncé dans un tweet. "Dans le cadre de mes responsabilités administratives, j'ai saisi l'IGPN afin qu'une enquête permette de faire toute la lumière sur les suspicions de violences policières à #Toulon.", a tweeté dimanche soir Jean-Luc Videlaine, préfet du Var.

L'officier de police, mis en cause sur les images, a tenu à réagir dans les colonnes de Nice Matin. Selon lui, la violence employée se justifie par le profil de ses "victimes". Le premier, "un multirécidiviste qui avait dans sa main un tesson de bouteille et qui n’a rien à voir avec les gilets jaunes". Selon le procureur de Toulon, il est notamment connu pour des faits d’outrage et de viol. Arrêté et placé en garde à vue, il comparaîtra lundi devant le tribunal correctionnel. Pour le second, Andrieux assure qu'il procédait simplement à "l’interpellation d’un homme qui se rebellait". Ce dernier a lui aussi été arrêté et placé en garde à vue.

Pas de procédure ouverte contre le policier

Pour le procureur de la République, le policier a agi "proportionnellement à la menace" en neutralisant des "casseurs". "Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidéos, dans lequel il était impossible d’interpeller quelqu’un sans violence", a ajouté Bernard Marchal, qui n’a pas ouvert de procédure contre le fonctionnaire.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup d'internautes s'insurgent de cette décision, y voyant une forme d'impunité policière, à l'heure où un sympathisant des gilets jaunes, boxeur professionnel et auteur de violences lors du rassemblement parisien, fait lui l'objet de poursuites judiciaires.

La préfecture du Var a indiqué que la manifestation toulonnaise de samedi avait fait 2 blessés parmi les forces de l’ordre et un blessé parmi les manifestants. Sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue suite à ces débordements. 

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