Gilets jaunes, marcheurs pour le climat: l'Europe doit écouter cette démocratie "approximative"

Yellow Vests (Gilets jaunes) protesters demonstrate against rising oil prices and living costs in Marseille on December 1, 2018
Yellow Vests (Gilets jaunes) protesters demonstrate against rising oil prices and living costs in Marseille on December 1, 2018 - © CLEMENT MAHOUDEAU - AFP

L'ex-eurodéputé socialiste, Véronique De Keyser, est l'invité de La Semaine de l'Europe sur La Première. Dans son ouvrage, "Démocratie approximative. L'Europe face à ses démons", elle analyse le décalage entre société civile et bulle décisionnelle européenne. Pour elle, les mouvements comme celui des gilets jaunes ou des marcheurs pour le climat sont les signes d'une émergence de ce qu'elle qualifie de "démocratie approximative". 

"Des poussées de fièvre qui peuvent faire plier les politiques"

En Europe, il fait gris. Mais, le cœur des citoyens européens arborent bien des couleurs. Le jaune des gilets prend ces dernières heures les teintes brunâtres de la rhétorique d’extrême droite. 

A Bruxelles, dimanche dernier, une marée verte a immergé les rues pour réclamer que soit prise en compte la nécessité écologique. L'Europe, elle, parait bien palote dans ses réponses tout en subtile nuance.

Selon Véronique De Keyser, ces mouvements permettent l'entrée d'un nouvel acteur dans le système démocratique européen: "il y a les représentants des pays, il y a le conseil européen, il y a le parlement et puis, il y a ces poussées de fièvre qui se réveillent et qui peuvent faire plier les politiques."

"Il faut une histoire des victoires de la société civile"

L'ex-eurodéputé se souvient de la bataille autour du règlement REACH. Ce texte européen a permis la mise en place d'une régulation de l'industrie chimique européenne. Chaque produit doit, depuis 2007, être enregistré auprès de l'Agence européenne des produits chimiques et sa nocivité étudiée avant d'être mis sur le marché.

Sans une forte mobilisation de la part de la société civile, cette directive n'aurait pas vu le jour: "elle avait très peu de chance de passer mais, à ce moment là, il y a eu un mouvement citoyen important. Des petites ONG se sont rassemblées en coupole, des médecins sont venus au parlement européen, cela a été extraordinaire. Et, la directive a fini par passer. Quand ça a été adopté, cette communauté a disparu des écrans radar.", explique Véronique De Keyser. 

Pour elle, c'est sur ce point précis que le bas blesse: "tant qu'il n'y a pas d'histoire de cette vie réelle de l'Union européenne, on peut tout réécrire. Il faut une histoire de la participation citoyenne qui ne soit pas seulement les grands discours syndicaux... Nous ne connaissons pas les gens qui ont réellement fait bouger l'Europe. Nous ne savons pas qui a pesé ou non lors d'adoption de directive. Et, c'est cette Europe vivante, l'Europe des peuples qu'il nous faut."

Découvrez l’intégralité de l’interview de Véronique De Keyser, ce vendredi à 19h10 dans La Semaine de l'Europe sur La Première

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