Gilets jaunes en France: démarrage timide pour le septième week-end de mobilisation

Gilets jaunes en France: démarrage timide pour le septième week-end de mobilisation
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Gilets jaunes en France: démarrage timide pour le septième week-end de mobilisation - © FRANCOIS LO PRESTI - AFP

Les "gilets jaunes" en colère contre la politique sociale et fiscale du président français Emmanuel Macron peinaient à mobiliser samedi pour leur septième week-end de manifestations en France, marqué par quelques incidents avec les forces de l'ordre.

En début d'après-midi, à peine un millier de personnes étaient recensées à Paris, Marseille (sud-est) ou Nantes (ouest). L'affluence était supérieure à Bordeaux (sud-ouest), où 2.400 contestataires manifestaient au cri de "Macron démission !".

Le mouvement semble poursuivre sa décrue. Au total, 38.600 manifestants étaient descendus dans la rue le 22 décembre, contre 66.000 une semaine plus tôt et 282.000 pour la première journée de mobilisation le 17 novembre, d'après les chiffres du gouvernement.

Mais pour plusieurs membres de ce mouvement populaire, né hors de tout cadre politique ou syndical, cette baisse est due aux fêtes de fin d'année et ils prédisent une reprise très forte en janvier, malgré les concessions du gouvernement.

"On tient le coup même si on nous dit qu'on est de moins en moins nombreux. Là, il y a les fêtes de fin d'année, les vacances. Ca va repartir en janvier", a assuré Murielle, une employée de bureau de 55 ans, de toutes les manifestations depuis le début du mouvement.

Convaincue elle aussi que le mouvement va continuer en 2019, Priscillia Ludosky, une figure du mouvement qui avait lancé la pétition contre la hausse des prix des carburants, a défilé à Marseille

"On veut retrouver du pouvoir d'achat et avoir notre mot à dire dans les décisions", a-t-elle déclaré. Estimant que les annonces du gouvernement "ne suffisent pas", elle réclame un "référendum sur la mise en place du référendum d'initiative citoyenne" et "la baisse des taxes sur les produits de première nécessité".

Mêmes slogans à Paris à proximité des locaux de la chaîne de télévision BFMTV et de France Télévisions: plusieurs centaines de "gilets jaunes" avaient décidé d'aller protester devant les médias pour dénoncer les "journalistes collabos".

Les annonces de Macron? Une misère

Aux cris de "BFM 'fake news'!", des manifestants ont envahi la voie de circulation du tramway et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs interpellations, avant que la situation ne revienne rapidement au calme.

"Les annonces de Macron? Une misère. Du pipi de chat. Peut-être que monsieur Macron a du caviar mais nous on a du pâté de foie", estime Christelle Camus, une secrétaire médicale de 49 ans qui a participé aux sept samedis de mobilisation dans la capitale.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont aussi éclaté à Rouen et Nantes, dans l'ouest, où les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont fusé dès le départ du cortège. Environ mille manifestants étaient recensés par l'AFP dans chacune de ces deux villes.

Au total en France, une vingtaine de personnes ont été arrêtées dans la matinée et 17 placées en garde à vue.

Le chef de l'État continue de cristalliser les rancoeurs des "gilets jaunes", dont certains ont tenté jeudi de pénétrer dans le Fort de Brégançon, la résidence d'été méditerranéenne des présidents français.

En dehors des grandes villes, les actions s'étiolent : en début d'après-midi, quelques échangeurs étaient de nouveau fermés et les "gilets jaunes" étaient présents sur différents péages à travers la France pour des opérations péages gratuits.

Le 31 décembre en ligne de mire 

De nombreux protestataires ont déjà en point de mire la soirée du réveillon. Plusieurs rassemblement sont attendus pour lundi soir notamment sur les Champs-Elysées à Paris.

La mobilisation a porté un coup aux hôteliers français qui ne feront pas le plein pour le Nouvel An, après un Noël mitigé: les touristes étrangers ont été refroidis par les images des manifestations violentes liées aux "gilets jaunes".

Depuis le début du mouvement en novembre, dix personnes ont été tuées en marge des rassemblements et plus de 1.500 manifestants ont été blessés, dont une cinquantaine grièvement.

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