Gilets jaunes en France: débordements à Toulouse et Narbonne

Narbonne à gauche, Toulouse à droite, la nuit de samedi à dimanche.
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Narbonne à gauche, Toulouse à droite, la nuit de samedi à dimanche. - © Tous droits réservés

Un total de 136.000 personnes ont participé samedi dans toute la France à la troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes" au cours de laquelle 263 personnes ont été blessées, a affirmé le ministère de l'Intérieur ce dimanche.

À Paris, l'Arc de Triomphe a été vandalisé, des voitures incendiées, des vitrines brisées, etc. Les images de Paris au lendemain d'une journée de violences se trouvent dans cet article

La précédente mobilisation du 24 novembre avait réuni 106.301 personnes selon les chiffres alors communiqués par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le bilan "complet et consolidé" de cette journée a toutefois finalement été réévalué à 166.000, a précisé dimanche la place Beauvau.

Toulouse

À Toulouse, la manifestation a fait 57 blessés dont 48 policiers, selon la préfecture. Voici quelques images des débordements.

Narbonne: un péage en feu

La zone de péage de Narbonne sud, des bâtiments, dont celui du peloton de gendarmerie, des véhicules de la société Vinci autoroutes ont été incendiés dimanche matin "par des casseurs", en marge d'une manifestation des "gilets jaunes", a-t-on appris de sources concordantes.

"Une enquête de nature délictuelle est ouverte", a annoncé le procureur de permanence, qui a affirmé à l'AFP que l'incendie avait été provoqué par des "casseurs".

Vinci précise dans un communiqué être mobilisée "pour rétablir dans les meilleurs délais la continuité du service public, notamment l'A9, coupée dans les 2 sens de circulation au niveau de Sète et d'Agde, et ses échangeurs fermés entre Orange et Narbonne, dans le but de limiter au maximum la gêne pour les usagers".

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie, qui s'est produit sur la bretelle de sortie de l'autoroute A9 (Perpignan-Montpellier) dimanche vers 01H00 et a mobilisé une cinquantaine de pompiers, n'a pas fait de blessés.

"Les bâtiments ont été évacués" avant que l'incendie ne se déclenche, a expliqué la préfecture de l'Aude.

"Les salariés de Vinci Autoroutes, les ouvriers logés sur place et leurs familles avaient été évacués et pris en charge au cours de la nuit. Aucun d'entre eux n'a été blessé", a confirmé la société dans un communiqué.

Les bâtiments incendiés abritaient, outre le peloton autoroutier de la gendarmerie, des locaux d'exploitation de la société Vinci, "notamment le district et le PC sécurité", a indiqué dans son communiqué la société, qui a activé dans la nuit une cellule de crise et déposé plainte.

Selon les pompiers, une vingtaine de véhicules de la société ont aussi été incendiés.

Ces évènements se sont produits quelques heures après une manifestation de "gilets jaunes" qui a mobilisé samedi à Narbonne quelque 800 personnes et au cours de laquelle un groupe s'en était déjà "pris à la sous-préfecture", brisant "portail et fenêtres"

Macron ne s'exprimera pas ce dimanche

"Le président de la République ne s'exprimera pas aujourd'hui", a précisé l'Élysée, quelques heures après le retour d'Emmanuel Macron du G20 en Argentine, au lendemain des scènes de guérilla urbaine à Paris.

Au cours d'une réunion de crise à la mi-journée, Emmanuel Macron a fait "un point exhaustif des événements d'hier" pour "établir un bilan précis de la situation, celle des blessés, des dégradations et des interpellations", avec le Premier ministre Edouard Philippe, les ministres de l'Intérieur Christophe Castaner (accompagné de son secrétaire d'Etat Laurent Nunez), et de l'Ecologie François de Rugy, selon la présidence.

Il a souhaité que Christophe Castaner "mène une réflexion sur la nécessité éventuelle d'une adaptation du dispositif du maintien de l'ordre dans les jours à venir". Il s'agit de s'adapter pour faire face à "des casseurs plus violents, plus mobiles, plus organisés", selon l'Elysée.

... mais veut recevoir des gilets jaunes à l'Élysée

Emmanuel Macron a demandé dimanche au Premier ministre Edouard Philippe de recevoir "les chefs de partis représentés au Parlement ainsi que des représentants des manifestants", a indiqué l'Elysée au lendemain de violences dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes".

Cette intiative, dont la date n'a pas été dévoilée, répond au "souci constant de dialogue" de l'exécutif, selon la présidence. Lors d'une réunion de crise à l'Elysée, le chef de l'Etat a également "souhaité qu'une réflexion soit menée par le ministre de l'Intérieur pour l'adaptation du dispositif de maintien de l'ordre dans les temps à venir".

Instaurer l'état d'urgence?

Se dirige-t-on vers un retour de l'Etat d'urgence en France? Mode d'emploi de cet état d'exception dans cet article.

Emmanuel Macron a par ailleurs insisté sur la nécessité "qu'aucun des actes" survenus samedi "ne reste sans réponse judiciaire".

Au total, à Paris, 412 personnes ont été interpellées et 378 placées en garde à vue, selon un bilan dimanche de la préfecture de police qui chiffre à 133 le nombre de personnes blessées dans la capitale.

En se rendant dimanche sur la place de l'Etoile, épicentre des violences de la veille, Emmanuel Macron "a été choqué des dégradations à la fois à l'Arc de Triomphe, qui est un lieu symbolique, et avenue Kléber", selon l'Elysée.

Durant la réunion, la question d'une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale, réclamée par Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI), n'a pas été évoquée, a-t-on indiqué de même source.

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