Gilets jaunes à Paris: retour sur une journée sous haute tension, mais mieux contrôlée

125 000 manifestants dans tout le pays (selon le ministère français de l'Intérieur). 8 000 à Paris... Le quatrième samedi de mobilisation des gilets jaunes, un mouvement populaire aux revendications multiples, a connu des épisodes violents: des affrontements, des pillages, du vandalisme. On compte même 118 manifestants blessés et 17 du côté des forces de l'ordre.

Mais globalement, la situation a été mieux maîtrisée que samedi dernier. Il faut dire que les autorités s'étaient préparées pour encadrer au mieux les manifestants. 89 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans tout le pays. À Paris, ils étaient 8 000 et ils ont changé de stratégie pour limiter les débordements.

1. Des arrestations en amont. 1 385 personnes ont été interpellées au cours de la journée. Parmi eux, 975 ont été placés en garde à vue (bilan provisoire à 19h45). À Paris, le dernier bilan (17h) fait état de 673 interpellations dont 551 arrestations.

La police a réalisé des contrôles à des points de passage vers le centre de Paris comme les péages et les gares. Du matériel pouvant s'avérer dangereux a été saisi: boules de pétanques, marteaux, cisailles, mais aussi battes de base-ball et cocktails Molotov.

Des individus repérés sur les réseaux sociaux pour leurs appels à la violence ont pu être interceptés avant d'agir.

2. Des unité mobiles plus réactives. Les casseurs avaient une marge de manoeuvre plus limitée que la semaine passée. La police s'était organisée pour pouvoir intervenir très vite là où la situation dégénérait. Ce "dispositif fondé sur la mobilité, la réactivité, a permis de briser la dynamique des casseurs", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans la soirée.

3. Des véhicules blindés. Treize véhicules blindés de la gendarmerie permettaient de dégager rapidement les barrages et les barricades installées par les manifestants.

Magasins, Louvre et Tour Eiffel: fermés 

Depuis vendredi, le centre de la capitale française vit au ralenti et cela contraste avec l'habituelle animation qu'on y trouve à trois semaines des fêtes de fin d'année. De nombreux magasins ont fermé leurs portes ainsi que des bâtiments culturels et touristiques comme Le Louvre ou la Tour Eiffel.

Un document sur la sécurité a fuité

La journée commençait mal pour les forces de l'ordre. On apprenait qu'une partie du dispositif de sécurité prévu pour faire face à la mobilisation attendue des gilets jaunes s'était retrouvée sur internet. Ce document avait été diffusé à environ 2000 personnes en vue des préparatifs de ce samedi. Et quelqu'un l'a donc détourné.

Mais rien de dramatique selon une source: cette note ne concernait "qu'une partie du dispositif, en l'occurrence les équipes les plus légères et les plus mobiles qui ont vocation à rayonner rapidement sur l'ensemble du territoire".  "Il a été tenu compte" de cette fuite "dans le déploiement du dispositif", a-t-elle poursuivi, la jugeant "inacceptable". Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Nombreux blocages sur les autoroutes française  

Échangeurs bloqués, déviations, sorties obligatoires : ce matin, le réseau routier et autoroutier français connaissait de nombreux points de perturbations marquant l'acte IV de la mobilisation des gilets jaunes.

Une partie du périphérique de Paris bloqué 

Durant quelques minutes, des manifestants ont bloqué le périphérique de Paris vers 11h. Les forces de l'ordre ont rapidement réagi pour les écarter, comme l'ont constaté nos envoyé spéciaux présents à Paris.

L'Arc de Triomphe bien gardé

L’Arc de Triomphe, qui avait subi des dégradations samedi dernier, était aujourd'hui bien gardé. Vers 11h45, de nombreux hommes et des véhicules blindés ont pris position à côté du monument, a observé un de nos journalistes.

"Macron démission!"

Vers 11h, les points de fixation se cristallisaient aux abords des rues Tilsitt et Arsène-Houssaye, en haut des Champs-Elysées. Les CRS et les gardes mobiles ont effectué quelques mouvements de dés-encerclement. Les gilets jaunes étaient cernés de toutes parts. Par moment, des vagues faisaient mouvement vers les forces de l’ordre en entonnant La Marseillaise ou en criant "Macron démission".

La tension est montée d'un cran l'après-midi

Des gaz lacrymogènes aux abords des Champs-Elysées, le Drugstore de Publicis de l'avenue attaqué, des vitrines brisées avenue de Friedland, quelques voitures en feu, une barricade enflammée sur les Grands-Boulevards où les véhicules blindés de la gendarme ont été déployés... La tension est clairement montée d'un cran cette après-midi après une matinée relativement calme.

La marche pour le climat... dans un autre périmètre

A 14h, une autre manifestation a démarré, place de la Nation: la marche pour le Climat. Elle a rassemblé 25 000 personnes selon les organisateurs, 17 000 selon la police. L'itinéraire a été modifié pour éviter le secteur des Champs-Élysées. Deux périmètres de sécurité à surveiller: ça donnera évidemment plus de travail aux forces de l'ordre présentes à Paris depuis ce matin.

Sur les Champs-Élysées, vers 14h40, une journaliste de France Info mentionnait plusieurs affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants. Il était fait usage de gaz lacrymogènes et bombes assourdissantes. Certains gilets jaunes se protégeaient derrière des planches en bois destinées à la base à couvrir les devantures des magasins. Par après, un autre journaliste a raconté avoir vu des gilets jaunes remettre ces planches contre les magasins.

Des journalistes pris pour cibles

Plusieurs journalistes ont été malmenés voire blessés, dont plusieurs par des tirs d'engins type "flash-ball", d'après des témoignages publiés par leurs médias ou diffusés via les réseaux sociaux. Parmi eux, deux photoreporters du Parisien ou encore un journaliste de l'agence de presse audio A2PRL.

La nuit, les gilets jaunes sont...

Après une journée agitée, ça semblait se calmer en fin d'après-midi. Mais la nuit tombant, certains esprits se sont échauffés. Des groupuscules de casseurs circulaient et commettaient des actes de vandalisme. Vitrines brisées, scooters renversés, véhicules incendiés, matériel urbain détériorés... Des méfaits ont été commis, mais la police tentait de les contenir au mieux grâce notamment à des unités mobiles.

Vers 18h20, nos journalistes présents à Paris ont assisté à une scène de pillage suivie d'arrestations de suspects par la police. Ils ont aussi aperçu une poubelle en feu... et ils ont vu les pompiers arriver rapidement pour l'éteindre. À voir ce que la soirée et la nuit allaient encore réserver aux Parisiens...

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