Gifle à Emmanuel Macron : simple geste de ras-le-bol ou attaque de l’extrême droite royaliste française ?

Les images ont fait le tour du monde, Emmanuel Macron recevant une gifle d’un jeune homme après une sortie officielle. Mais qui est cette personne qui a agressé le président français et quelles sont ses motivations ? Son profil se dévoile d’heure en heure.

Damien T., 28 ans, soupçonné d’avoir giflé le président, habite Saint-Vallier dans la Drôme au nord de Valence. Il y a fondé deux associations dans les arts martiaux historiques européens, une pratique de combats "tombés dans l’oubli" qui compte 1500 pratiquants en France et les jeux de plateau à figurines. 

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© Capture d'écran de l'emission "Quotidien"

Il y côtoie son ami Arthur C., 28 ans, arrêté à ses côtés après avoir filmé l’agression du chef de l’Etat. L’émission Quotidien a d’ailleurs pu rencontrer, par hasard, les deux jeunes hommes quelques heures avant l’agression contre le chef de l’État français.

Au moment de gifler le président, son agresseur crie "Montjoie Saint-Denis, à bas la Macronie". Ce cri de "Montjoie Saint-Denis" est une réplique bien connue du film les Visiteurs, un cri utilisé par le personnage de Godfroid de Montmirail, incarné par Jean Reno. Ce "Montjoie Saint-Denis" étant surtout le cri de ralliement des chevaliers français durant la période de règne de la dynastie capétienne au Moyen-Age.

Comme le rappelle cet article du quotidien Libération, ce n’est pas la première fois qu’un homme politique français est agressé par un homme hurlant ce slogan. En avril 2018, un député d’extrême gauche (France insoumise) Eric Cocquerel avait été entarté, son agresseur criant les mêmes mots. Une action revendiquée par un groupuscule royaliste d’extrême droite. Ce même député, affirme même que "Montjoie Saint-Denis" est aujourd’hui devenu un cri de ralliement de cette extrême droite royaliste française.

Inconnus de la justice

Cela signifie-t-il que l’agresseur d’Emmanuel Macron appartient lui aussi à cette mouvance ? C’est ce que doivent déterminer les enquêteurs.

Pour l’instant, les deux personnes interpellées par la police, sont inconnues de la justice. Les deux hommes sont ce mercredi matin toujours en garde à vue pour "violences sans incapacité sur personne dépositaire de l’autorité publique", c’est ce qu’a fait savoir le parquet de Valence.

L’AFP a pu rencontrer Loïc Dauriac, 36 ans, un ami des deux hommes. Il se trouvait d’ailleurs avec eux avant le passage d’Emmanuel Macron, il s’agit du troisième homme sur la vidéo de l’émission Quotidien.

Parti avant la gifle, il dit avoir été énormément étonné par le geste de Damien T. : "Ce n’est pas quelqu’un de violent". Deux commerçantes voisines de l’association de jeux créée par Damien T. évoquent elle, "un gamin sans histoires". De nombreuses personnes de l’entourage des deux suspects sont stupéfaites par la gifle infligée au président. "Ce n’est pas du tout le style de la personne", selon deux anciennes camarades de collège et de lycée. "Il n’a jamais montré d’opinion politique, à ce qu’on sache", explique l’une d’elles.

Un geste de frustration qui peut coûter cher

Pourtant, lorsqu’on analyse le profil You Tube de Damien T. , on remarque qu’il est abonné à plusieurs chaînes d’influenceurs d’extrême droite. Mais pour son ami Loïc Dauriac, il ne faut pas y voir une affiliation à des idées extrémistes mais plutôt de la "curiosité". Il aurait simplement hurlé "Montjoie Saint-Denis" en tant que passionné de l’époque moyenâgeuse. Toujours selon cet ami, la gifle à l’égard du président ne serait que l’expression d’une frustration à "joindre les deux bouts" et leur "gros ras-le-bol" à l’égard d’un président qui "ne les écoute pas". "Ces gens-là, ça fait des années qu’ils n’ont pas voté", conclut Loïc Dauriac au sujet des mis en cause.

L’enquête se poursuit pour tenter de comprendre les motivations de l’agresseur. Damien T. et son complice présumé reste en garde à vue. En attendant leur agression envers le président est passible de trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.
 

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