Il va investir dans une biotech belge: qui est George Soros, l’homme qui attire tous les complots?

A l’âge de 90 ans, on peut réellement dire que George Soros est un génie de la finance. Ce milliardaire philanthrope serait sur le point d’investir dans la société de biotech belge Univercells.

Cette entreprise située à Gosselies impliquée dans le développement d’un vaccin contre le Covid-19. Si ce généreux investissement est le bienvenu, de nombreuses théories complotistes gravitent autour de George Soros depuis des années.

Survivant de l’holocauste

George Soros, de son vrai nom György Schwartz est un Hongrois né 12 août 1930 à Budapest. De confession juive, sa famille prend peur lors de l’envahissement de la Hongrie par l’Allemagne nazie en mars 1944.

Tivadar, le père avocat, va réussir à obtenir des faux papiers chrétiens pour sa famille ainsi qu’une planque où se cacher. Tivadar apprend à son fils l’art de la survie, tout en sauvant des dizaines d’autres Juifs. La famille s’en sortira finalement.

Mais depuis près de 20 ans tourne une légende urbaine selon laquelle George Soros aurait été un SS.

C’est cette photo qui apparaît le plus souvent sur les réseaux sociaux lorsque cette théorie est évoquée. Mais en réalité, il ne s’agit pas de Soros sur la photo. C’est Oskar Groening, le soi-disant "comptable d’Auschwitz". Il a été jugé en 2015 pour complicité dans le meurtre de 300.000 Juifs, mais il est mort en mars 2018 avant de pouvoir purger une peine de quatre ans de prison.

Soros, en revanche, n’a jamais été un SS. Cette théorie vient du fait que lorsqu’il avait 13 ans, le conseil juif de Budapest lui avait ordonné de travailler comme coursier pour transmettre des messages aux juifs. Ce qu’il ne savait pas, c’est que ce conseil avait été créé par l’homme de main de Hitler, Adolf Eichmann.

Or Soros s’est rendu compte que les lettres qu’ils distribuaient étaient des convocations susceptibles de conduire à l’internement. George avertissait de ce fait les destinataires de ne pas obéir aux convocations.

De plus, le jour où la Seconde Guerre mondiale a pris fin en Europe, le 9 mai 1945, Soros avait 14 ans, trop jeune pour même hypothétiquement demander à rejoindre la SS qui avait fixé un âge minimum de 17 ans.

Soros, la cible favorite de la droite américaine

En 1956, George Soros débarque sur le sol américain. Il commence à travailler dans la finance et devient rapidement un loup de Wall Street. Grâce à de nombreux investissements réussis, il devient successivement millionnaire, puis milliardaire.

George Soros utilise une partie de sa fortune pour des activités philanthropiques, mais également en soutien de certaines organisations politiques.

Plutôt à gauche sur l’échiquier politique, cet appui au camp démocrate américain au fur et à mesure des années va exacerber la haine républicaine à son encontre.

 

En juillet dernier, Donald Trump a notamment accusé George Soros dans un courrier envoyé à ses électeurs d’être une source d’ingérence dans l’élection présidentielle. Le président sortant se plaignait de l’influence de certains "milliardaires gauchistes", qui mettent leurs fonds à disposition des démocrates afin que ceux-ci parviennent à le battre.

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Sur ces photos, Alexander Soros, le fils de George pose avec des personnalités démocrates. © Tous droits réservés

Tout comme son fils sur ces photos, George Soros n’a jamais caché son soutien au camp démocrate. En mai dernier, il avait financé des associations afro-américaines lors des manifestations Black Lives Matter suite au décès de George Floyd. Ce soutien envers les minorités, c’est ce qui déplaît aussi bien à l’extrême droite américaine qu’à la fachosphère française. On le considère comme complotiste au service d’intérêts inavouables.

Généralement Soros, est considéré comme le bouc émissaire responsable des troubles généralisés qui ont lieu aux Etats-Unis. La dernière accusation en date lui impute le trucage du résultat des élections américaines. Selon des partisans de Donald Trump, Soros aurait une importante influence au sein de la société Smartmatic qui a géré le vote électronique des Américains au travers de la plateforme Dominion.

Soros est un ennemi public attaquant la Hongrie

En Europe, c’est principalement l’immigration que l’on reproche à George Soros. Comme aux Etat-Unis, il finance sur notre continent des associations qui viennent en aide aux migrants.

En 2015, il avait d’ailleurs demandé à l’Union Européenne à ce qu’elle accepte sur son territoire 1 million de migrants par an. Une demande qui n’aura pas été acceptée mais qui aura véritablement créé une haine à encontre au sein des gouvernements d’extrême droite.

A la suite de cette demande, Victor Orban, Premier ministre Hongrois va notamment qualifier George Soros "d’ennemi public attaquant la Hongrie." Une campagne d’affichage va par la suite être lancée par Orban dans les rues de Budapest, dénonçant "le plan Soros".

Cette campagne anti-Soros menée par Victor Orban ne s’est pas cantonnée à de simples affichages, elle s’est également attaquée aux ONG et aux associations travaillant en Hongrie. De fortes restrictions ont été mises en place pour limiter leur travail sur place.

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