GB: l'arrivée de Corbyn pourrait compliquer la position britannique dans l'UE

GB: l'arrivée de Corbyn pourrait compliquer la position britannique dans l'UE
GB: l'arrivée de Corbyn pourrait compliquer la position britannique dans l'UE - © Tous droits réservés

Les travaillistes britanniques ont choisi leur nouveau président ce week-end. C'est Jérémy Corbyn qui succède à Ed Miliband, le jeune dirigeant travailliste qui avait démissionné en mai dernier après la sérieuse défaite de son parti lors des élections générales.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette primaire travailliste a été suivie de près par les Européens. Pourtant, les élections générales viennent d'avoir lieu, la Grande-Bretagne ne devrait donc plus vivre de campagne électorale durant ces cinq prochaines années. Sauf que, évidemment, il y a toujours dans l'air  ce fameux référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union européenne. En quelque sorte le bébé de David Cameron.

Ce référendum fera évidemment l'objet d'une campagne. Jérémy Corbyn a d'ores et déjà annoncé qu'il ne ferait pas campagne pour une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union. Voilà qui est clair, mais étonnant. Jérémy Corbyn n'a jamais caché sa méfiance à l'égard de l'Union, il a toujours dénoncé le caractère trop libéral de cette Europe, alors que lui-même plaide pour une Europe social. Il lutte également contre l'austérité et contre le traité de libre-échange commercial (TTIP) avec les États-Unis. Autrement dit, tout le contraire des revendications de David Cameron. Le premier ministre britannique est un chaud partisan du TTIP par exemple. Et puis, conservateur libéral, Cameron n'est pas franchement un ardent défenseur d'une Europe sociale, il pratique allègrement l'austérité. Bref, on risque bien de se retrouver dans une situation un peu étrange finalement.

Premièrement, on ne sait pas très bien quand aura lieu ce fameux référendum. David Cameron avait d'abord parlé de 2017 puis finalement 2016. Ensuite, on ne sait toujours pas très bien ce que David Cameron veut exactement. Des changements qui impliquent un changement de traité, c'est impensable, le délai est trop court. Le premier ministre britannique a promis de venir expliquer ses revendications devant le Parlement européen, on en saura plus à ce moment-là.

Et c'est ici que ça se complique. David Cameron a toujours soutenu que si les réformes de l'Union lui convenaient, il appellerait à voter pour le maintien de son pays dans l'Union lors du référendum. Mais si les changements conviennent à Cameron, il y a peu de chances qu'ils conviennent à Corbyn qui devra alors voter non à ces réformes. Et si ces réformes ne passent pas, alors Cameron appellera à voter pour la sortie de son pays de l'Union. Mais si ces elles passent, Corbyn devra soit voter contre ses convictions sociales, soit voter pour la sortie de son pays de l'Union alors qu'il est plutôt favorable à son maintien. Compliqué.

Compliqué pour les Britanniques, mais aussi pour les Européens qui - quoique particulièrement irrités par l'attitude de Cameron - n'ont tout de même pas envie de laisser la Grande-Bretagne sortir de l'Union. On sent bien que, dans les limites du raisonnable, ils sont prêts à certaines concessions. Mais lesquelles ? Si une partie du Royaume-Uni veut une Europe plus libérale, que l'autre partie veut une Europe plus sociale et que le résultat doit aussi convenir aux 27 autres pays de l'Union, on n'est pas sorti de l'auberge.

On comprend mieux pourquoi au sein même de la Commission, Jean-Claude Juncker a créé un groupe de fonctionnaires qui travaillent uniquement sur cette question britannique, avec, à la tête de ce groupe, un haut fonctionnaire européen lui-même Britannique.

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