Brexit: Johnson suspend l'examen de l'accord par les députés et demande aux Européens de se prononcer sur un report

Donald Tusk recommande aux 27 d'accepter un report du divorce avec le Royaume-Uni pour éviter un no-deal, et Paris est prêt à un report "technique" du Brexit de "quelques jours" afin que la procédure parlementaire puisse s'achever à Londres, mais s'opposera à une prolongation destinée à "rediscuter de l'accord", a déclaré mardi la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, retour sur une soirée agitée.

En début de soirée l'accord de Brexit conclu par Boris Johnson avec les Européens a franchi une première étape capitale mardi au Parlement britannique, qui a adopté en deuxième lecture sa loi d'application, ouvrant la voie à une étude du texte dans les détails.

Approuvé à 329 pour (299 contre) à seulement neuf jours de la date prévue du divorce, ce soutien initial à l'accord a été suivi d'un vote sur le calendrier des débats, que le gouvernement souhaitait très resserré en vue d'une approbation de la Chambre des Communes dès jeudi et un Brexit le 31 octobre.

Un peu plus tard, les députés ont refusé cet examen accéléré du Brexit, par 322 voix contre (308 pour), compromettant cette sortie pour le 31 octobre. Ce délai a été jugé trop court par des députés pour débattre d'un texte de 110 pages.

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait menacé de retirer le projet de loi sur son accord de Brexit et de demander des élections anticipées si les députés refusaient la marche forcée qu'il tentait de leur imposer. Et ce mardi, à l'issue du vote, Boris Johnson a annoncé la suspension du projet de loi tout en se disant déterminé à sortir de l'UE le 31 octobre "avec cet accord"

Après ce vote compromettant sérieusement les chances d'une ratification avant le 31 octobre, le Premier ministre britannique a indiqué devant les députés qu'il comptait demander aux Européens "leurs intentions" concernant le report demandé samedi. "En attendant leur décision, nous allons suspendre cette législation", a-t-il déclaré.

La Commission européenne "prend note"

Une porte-parole de la Commission européenne a précisé ce mardi soir que l'institution "prend note" du dernier développement de la saga du Brexit au parlement britannique, tandis que le président du conseil européen Donald Tusk continue de consulter les dirigeants des 27 pays-membres de l'UE (sans le Royaume-Uni) au sujet d'un éventuel report de la date de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

La Commission "prend note du résultat de ce soir et attend du gouvernement du Royaume-Uni qu'il l'informe sur les prochaines étapes", indique Mina Andreeva dans un tweet.   

Le rejet par les députés britanniques du timing accéléré fait en sorte qu'il est désormais impossible que le texte complète son parcours parlementaire et soit définitivement approuvé et traduit dans la loi britannique d'ici au 31 octobre, date théorique du Brexit. 

Samedi, après une nouvelle acrobatie parlementaire, Boris Johnson avait été forcé, contre son gré, de demander à l'UE un report de trois mois de cette date-limite. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 autres pays membres n'ont pas encore formellement répondu à cette requête.

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