GB: 9 personnes arrêtées, Londres prêt à rejoindre la coalition en Irak

GB: 9 personnes arrêtées, Londres prêt à rejoindre la coalition en Irak
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GB: 9 personnes arrêtées, Londres prêt à rejoindre la coalition en Irak - © LEON NEAL - BELGAIMAGE

Londres a annoncé ce jeudi avoir arrêté neuf hommes soupçonnés d'appartenance ou de soutien à une organisation interdite par les lois sur la lutte contre le terrorisme islamiste. Ceci alors que la Grande-Bretagne est sur le point de rejoindre la coalition contre le groupe terroriste Etat islamique en Irak.

Le prédicateur radical Anjem Choudary ainsi que huit hommes ont été arrêtés.  Ces neuf hommes sont suspectés d'appartenir à l'organisation britannique islamiste, Al-Muhajiroun et d'encourager le terrorisme, selon l'agence Press Association. Anjem Choudary était le leader de la filière, jusqu'à ce qu'il soit interdit de territoire quatre ans auparavant.

La police a également mené des perquisitions au sein de 18 propriétés de Londres, ainsi que dans la ville de Stoke-on-Trent. Les forces de l'ordre ont assuré qu'il n'y avait pas de "danger immédiat pour la sécurité publique".

Les arrestations se multiplient partout en Europe. Un Syrien de 24 ans suspecté d'appartenir à un groupement terroriste a été intercepté mardi à l'aéroport de Gosselies (Charleroi). Il s'agit du deuxième djihadiste présumé pincé au BSCA en un mois et demi. Le passeport de Muhajiri Sháám, un djihadiste néerlandais ayant posté mardi sur la toile un appel à une "action forte contre les autorités néerlandaises", a par ailleurs été retiré mercredi.

La Grande-Bretagne prête à s'engager contre l'EI

Les députés britanniques, qui avaient infligé l'an dernier un camouflet à David Cameron en recalant son projet de frappes aériennes en Syrie, s'apprêtent cette fois à voter largement en faveur d'une participation aux raids contre les jihadistes du groupe Etat Islamique (EI) en Irak.

Après avoir longtemps hésité, le Premier ministre conservateur a profité de la tribune des Nations unies mercredi pour appeler le Royaume-Uni à se joindre à la coalition dirigée par les Etats-Unis face à un "mal" d'une "barbarie médiévale".

Depuis New York, il a exhorté les députés, qu'il a convoqués en session extraordinaire vendredi, à ne pas être "pétrifiés de peur" à l'idée de commettre les mêmes erreurs qu'en 2003 lorsqu'ils avaient donné l'autorisation à Tony Blair de s'engager en Irak. Une décision toujours vivement critiquée onze ans plus tard. "Cela ne doit pas devenir une excuse pour choisir l'indifférence et l'inaction", a insisté David Cameron, face à des jihadistes qu'il a qualifiés de "brutes" et de "psychopathes".

Que M. Cameron obtienne l'aval du Parlement ne fait guère de doute parce que, échaudé par l'échec humiliant de l'été 2013, il a pris la précaution de s'assurer au maximum d'un vote positif et parce que les leaders des deux partis travailliste et libéral-démocrate ont d'ores et déjà exprimé leur soutien.

Rory Stewart, président de la commission parlementaire sur les questions de défense, a qualifié de "probable" un vote favorable du Parlement. Il a aussi ajouté qu'il serait "très très difficile" de vaincre les jihadistes de l'EI.

Un feu vert des députés permettrait aux chasseurs bombardiers britanniques d'entrer en action rapidement, selon les experts militaires. Six avions de combat Tornado, opérant depuis Akrotiri, la base de la Royal Air Force à Chypre, sont déjà engagés depuis quelques semaines dans des missions de surveillance au-dessus de l'Irak. Un sous-marin équipé de missiles Tomahawk pourrait se joindre à eux.

Impact plus politique que militaire

Comme la France, la Grande-Bretagne compte limiter ses frappes au seul territoire irakien, suite à une demande formelle d'assistance de la part du Premier ministre irakien, Haidar Al-Abadi.

Bombarder les positions du groupe EI en Syrie, comme le font les Etats-Unis depuis mardi avec l'appui de cinq pays arabes, nécessiterait un nouveau vote du Parlement et n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, tout comme l'envoi de troupes au sol.

Selon les experts, une participation britannique aura toutefois un impact plus politique que militaire.

"On n'a pas vraiment besoin du Royaume-Uni. Les Etats-Unis ont la capacité nécessaire, d'autres pays comme la France sont déjà engagés. La question est plutôt de savoir si le Royaume-Uni estime qu'il en va de sa responsabilité", a expliqué à l'AFP Afzal Ashraf, chercheur au Royal United Services Institute.

"Nous sommes confrontés à un mal contre lequel le monde entier doit s'unir. La Grande-Bretagne jouera son rôle", a souligné David Cameron. Pour légitimer sa volonté d'entrer en guerre, "peut-être pour un bon moment", a-t-il admis, le Premier ministre a pris soin de s'adresser directement au public britannique depuis New York.

Le groupe EI constitue "une menace claire et directe" pour le Royaume-Uni, notamment en raison des plus de 500 Britanniques soupçonnés d'avoir rejoint ses rangs et dont un grand nombre serait revenu au pays.

David Cameron est d'autant plus déterminé à agir depuis que le groupe EI a diffusé des vidéos d'otages britanniques, dont un, David Haines, 44 ans, a été décapité, comme l'ont été deux journalistes américains.

"On ne peut pas raisonner ou négocier avec un tel mal, a-t-il insisté. Le seul langage que ces tueurs comprennent est la force."

 

RTBF avec AFP

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