Gaza: Washington s'inquiète, Israël rappelle 30 000 réservistes

Frappes israéliennes sur Gaza
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Frappes israéliennes sur Gaza - © AFP PHOTO / MOHAMMED ABED

Le Hamas a rejeté jeudi "toute discussion sur une trêve avec Israël en ce moment", alors que les frappes israéliennes sur Gaza se poursuivaient pour la deuxième journée consécutive. Deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza sont tombées à proximité de Tel Aviv sans faire de victime. Israël se met sur pied de guerre.

"Nous sommes en train d'étendre la campagne" à Gaza, a déclaré à la télévision israélienne le porte-parole, le général Yoav Mordechaï, ajoutant que le ministre de la Défense venait "sur demande de l'armée de rappeler 30 000 soldats", mobilisables immédiatement. Les hostilités ont déjà provoqué la mort de 15 personnes et blessé 150 autres côté palestinien. Côté israélien, trois personnes ont été tuées par une roquette tirée depuis Gaza.

L'Egypte tenaillée entre son rôle de médiateur et sa sympathie pour les Palestiniens

Le Premier ministre égyptien Hicham Qandil se rendra vendredi à Gaza alors que Washington demandait à l'Egypte d'user de son influence pour résoudre la crise. Mais le Premier ministre égyptien va à Gaza pour soutenir les Palestiniens. "M. Qandil se rend à Gaza pour exprimer notre soutien au peuple palestinien et voir quels sont ses besoins", a déclaré à la télévision d'Etat le porte-parole du président Mohamed Morsi. Le chef du gouvernement égyptien sera accompagné de plusieurs conseillers du président Morsi, ainsi que du ministre de la Santé, Mohamed Moustafa Hamed. Le gouvernement du Hamas avait déclaré auparavant avoir été informé par la "direction égyptienne" que "le Premier ministre Hicham Qandil se rendrait à Gaza demain accompagné de plusieurs ministres". L'Egypte intervient régulièrement comme médiateur entre Israël et le Hamas pour ramener le calme autour de Gaza. "Les Israéliens doivent réaliser que cette agression, nous ne l'acceptons pas et qu'elle ne peut mener qu'à de l'instabilité dans la région", a déclaré jeudi le président Mohamed Morsi, un ancien cadre des Frères musulmans, dont le Hamas est issu.      

Mohamed Morsi a ordonné mercredi le rappel de l'ambassadeur d'Egypte en Israël et s'est entretenu avec le président américain Barack Obama et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Avec Barack Obama, "nous avons discuté de la nécessité de mettre fin à cette agression et qu'elle ne se répète pas", a dit M. Morsi.

Le Hamas pas prêt à une trève

"Nous ne nous laisserons plus abuser par les duperies de l'occupant. Nous considérons que discuter d'une trêve en ce moment reviendrait à fournir une couverture supplémentaire à la poursuite de l'escalade contre Gaza", a déclaré Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas.

"Parler de trêve est une nouvelle tentative de duperie de l'occupant", a-t-il insisté, lors d'une conférence de presse à Gaza.

Un autre-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a également récusé la notion de trêve, déclarant que "l'ennemi a commencé une guerre contre notre peuple et notre résistance à Gaza, c'est lui qui a lancé l'agression et la guerre a dépassé ce terme".

Au total, 15 Palestiniens ont péri, dont deux mineurs et une femme, et au moins 150 autres ont été blessés depuis le début de l'opération israélienne déclenchée mercredi après-midi avec l'assassinat du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jaabari, selon des sources médicales.

Dans le même temps, plus de 200 roquettes ont été tirées de Gaza sur Israël, faisant trois morts et 16 blessés, selon la police israélienne et des sources médicales.

Une roquette tirée de Gaza explose près de Tel-Aviv, pas de blessé

Une roquette tirée jeudi de la bande de Gaza a explosé pour la première fois depuis 1991 près de Tel-Aviv, à 15 km au sud-est de la métropole israélienne, sans faire de blessé ni de dégât majeur, a indiqué l'armée israélienne au deuxième jour d'une opération militaire à Gaza.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas au pouvoir à Gaza, ont affirmé sur leur site avoir tiré "une roquette de fabrication locale vers 16H37 locales (14H37 GMT) sur Tel-Aviv".

La Maison Blanche ne voit "aucune justification pour la violence" du Hamas

La Maison Blanche a affirmé jeudi qu'il n'y avait "aucune justification pour la violence" du Hamas, à la suite d'une escalade des hostilités entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.

Tout en affirmant regretter les morts des deux côtés, le porte-parole du président Barack Obama a imputé au Hamas la responsabilité de l'explosion récente de la violence. Cette violence "ne fait rien pour aider les Palestiniens", a ajouté Jay Carney face aux journalistes dans l'avion Air Force One qui transportait M. Obama vers New York.

Ces déclarations s'inscrivent dans la continuité du compte-rendu américain d'une conversation téléphonique mercredi entre M. Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le président américain a appelé son interlocuteur à faire "tous les efforts possibles pour éviter des victimes civiles" tout en soutenant le droit d'Israël à se défendre contre les attaques du Hamas.

MM. Obama et Netanyahu "sont d'accord sur le fait que le Hamas doit cesser ses attaques contre Israël pour permettre une désescalade de la situation", avait précisé la Maison Blanche, considérant ainsi clairement le mouvement islamiste comme responsable de la situation.

Poutine appelle Israéliens et Palestiniens à éviter "l'escalade" de la violence

Le président russe Vladimir Poutine a appelé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les Palestiniens à éviter l'escalade de la violence à Gaza, au deuxième jour d'une vaste opération militaire israélienne contre les groupes armés du territoire palestinien.

"Le président russe a appelé les parties impliquées à faire preuve de retenue et à éviter l'escalade de la violence, dont les victimes incluent des civils, et à faire tout leur possible pour que la situation retrouve son cours normal", a indiqué le Kremlin dans un communiqué, précisant que M. Poutine s'était entretenu par téléphone avec M. Netanyahu.

Ce dernier a toutefois indiqué lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv qu'Israël prendrait "toute action nécessaire" pour défendre la population civile face aux roquettes de Gaza, réaffirmant que l'armée était prête à "étendre significativement son opération" à Gaza.

Un peu plus tôt, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, avait estimé que les bombardements d'Israël dans la bande de Gaza étaient une réaction "disproportionnée" aux attaques également "inacceptables" du Hamas.

La diplomatie russe a, à cette occasion, appelé à mettre fin à la "confrontation armée", avertissant que la violence pourrait déstabiliser toute la région.

Belga

 

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