Gaza: un tir israélien fait au moins 15 morts dans une école de l'ONU

Une scène de la vie quotidienne des familles de réfugiés de Beit Hanoun dans l'école de l'ONU, avant l'attaque israélienne de ce jeudi qui a fait au moins neuf morts.
3 images
Une scène de la vie quotidienne des familles de réfugiés de Beit Hanoun dans l'école de l'ONU, avant l'attaque israélienne de ce jeudi qui a fait au moins neuf morts. - © MOHAMMED ABED - BELGAIMAGE

Un tir israélien a fait 15 morts dans une école de l'ONU, dans le nord de la bande de Gaza, ce jeudi. "A 14h50, un obus est tombé sur ou a proximité" de l'école utilisée actuellement comme refuge pour les civils déplacés, a confié un responsable des Nations unies à l'AFP.

Le porte-parole des services de secours palestiniens, Achraf al-Qoudra, a fait état d'un bilan de 15 morts et de plus de 200 blessés. Les blessés ont été conduits à l'hôpital Chifa de Gaza. Une mère et son bébé sont parmi les victimes.

Les corps ont été conduits à la morgue de l'hôpital de Jabaliya, près de Beit Hanoun, selon le photographe de l'AFP. Le porte-parole de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Chris Gunness a confirmé sur son compte Twitter qu'il y avait "un certain nombre de tués et blessés" dans ce bâtiment.

 

Un bébé de un an à peine compte parmi les victimes (comme l'indique la terrible photo ci-dessous). Ban Ki-moon a par ailleurs confirmé que des employés de l'ONU avaient été tués.

 

"Les coordonnées précises de cet abri à Beit Hanoun avaient été formellement fournies à l'armée israélienne", a souligné Chris Gunness.

"Nous avons passé une grande partie de la journée à essayer de négocier et d'organiser une trêve pour permettre aux civils, notamment à notre personnel, de partir", a-t-il regretté auprès de l'AFP. "Cela n'a pas été accordé. Les conséquences sont tragiques".

"Nous voulions évacuer car il y avait des combats autour de l'école", a-t-il expliqué.

Laïla Al Chinbari, une femme qui se trouvait dans l'école au moment du bombardement, a raconté à un journaliste de Reuters
que des familles entières étaient rassemblées dans la cour en attendant d'être évacuées par la Croix-Rouge.
"Nous étions tous assis quand soudain quatre obus sont tombés sur nous... Il y avait des corps allongés sur le sol, du sang et des cris. Mon fils est mort et tous mes proches sont blessés, y compris mes autres enfants", a-t-elle précisé, en larmes.

Selon un correspondant de l'AFP, des traces de sang étaient visibles dans une cour de l'école, où l'obus est tombé. Ce que des photos de l'agence confirment.

Des couvertures et des vêtements dispersés dans la cour témoignaient que l'endroit était utilisé par des personnes ayant fui leur maison et les violences.

 

Deux heures après le drame, il ne restait que quelques chèvres dans l'école désertée.

788 Palestiniens tués dont une écrasante majorité de civils, femmes et enfants compris

Plus tard, un bombardement aérien a tué sept personnes "pour la plupart des enfants", entre les villes de Rafah et Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne.

Ces victimes portent à 93 le nombre des morts pour la seule journée de jeudi dans la bande de Gaza, et à 788 morts et plus de 5000 blessés depuis le début de l'offensive israélienne sur Gaza, selon les bilans fournis par M. Qoudra.

Ces bilans n'incluent pas plus d'une dizaine de combattants palestiniens tués après s'être infiltrés dans le sud d'Israël, depuis le début du conflit le 8 juillet.

Quelque 110 000 Gazaouis, sur une population totale d'1,8 million, ont quitté leur foyer et ont été pris en charge par l'ONU depuis le début de l'offensive israélienne.

Mardi, une autre école de l'ONU accueillant des réfugiés avait été touchée par des tirs de chars israéliens qui n'avaient pas fait de victime, dans le camp de réfugiés d'al-Maghazi (centre du territoire).

Israël accuse le Hamas de se servir de la population civile comme d'un "bouclier humain" et de dissimuler ses centres opérationnels ou ses armes dans des lieux de vie, comme des écoles, des mosquées ou des hôpitaux.

Ju. Vl. avec agences

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK