Gaza: un mort et plusieurs blessés dans des frappes israéliennes

Des représailles israéliennes ont fait un mort palestinien, après une pluie de roquettes qui s'était abattue samedi matin sur le territoire israélien.

Ces affrontements constituent une nouvelle escalade de violences entre Israel et l'enclave palestinienne, au lendemain de heurts meurtriers à la frontière.

Près d'une centaine de roquettes avaient été lancées dans la matinée depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant en représailles des raids aériens israéliens et des tirs de chars contre des positions du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans cette enclave palestinienne, a indiqué l'armée.

Le ministère de la Santé à Gaza a fait état d'un mort et de plusieurs blessés dans les frappes israéliennes.

Selon une source de sécurité à Gaza, les frappes aériennes israéliennes ont touché au moins trois zones de la bande de Gaza, blessant trois "combattants de la résistance". Les services de secours israéliens ont assuré de leur côté que les tirs de roquettes depuis Gaza n'avaient pas fait de victimes.

L'armée a indiqué avoir ciblé lors d'un raid aérien deux rampes de lancement de roquettes dans l'enclave palestinienne. Ses chars ont attaqué plusieurs postes militaires du Hamas, a-t-elle dit.

L'armée israélienne cible des manifestants, le Hamas menace

Le Jihad islamique, un groupe allié du Hamas, a revendiqué le lancement d'une partie des roquettes et affirmé qu'il était prêt à continuer les tirs. Une source au sein de ce groupe a indiqué que l'Egypte intervenait pour tenter de calmer la situation, un rôle d'intermédiaire entre le Hamas et Israël que le Caire assure régulièrement.

Cette escalade, la plus importante depuis plusieurs semaines, intervient au lendemain de manifestations particulièrement violentes le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Lors de ces manifestations, appelées Marche du retour par les Palestiniens de Gaza, quatre Palestiniens ont été tués, dont deux membres de la branche armée du Hamas, dans un raid israélien de représailles, après que deux soldats israéliens ont été blessés par des tirs palestiniens.

Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, avait promis vendredi de répondre à l'"agression israélienne". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu va mener des consultations avec le chef d'Etat major et, entre autres, les directeurs de l'Agence nationale de sécurité et du Conseil national de sécurité, a indiqué samedi un porte-parole de Benjamin Netanyahu dans un tweet en anglais.

Israël et le Hamas se sont livrés trois guerres depuis 2008 et les affrontements sporadiques entre les deux parties font régulièrement craindre l'explosion d'un quatrième conflit.

Un cessez-le-feu jamais confirmé

Un cessez-le-feu, annoncé par le Hamas mais jamais confirmé par Israël, avait été négocié fin mars sous l'égide de l'Egypte et de l'ONU, permettant un calme relatif pendant la période des élections législatives israéliennes du 9 avril.

Mais la situation s'est de nouveau dégradée cette semaine, avec un retour des tirs de roquettes et ballons incendiaires palestiniens et des mesures de rétorsion israéliennes, Israël menant jeudi un raid contre un poste militaire du Hamas.

Une délégation du Hamas conduite par son chef à Gaza, Yahya Sinwar, a quitté jeudi la bande de Gaza pour le Caire afin de discuter avec des responsables égyptiens des moyens de préserver la trêve. Ces derniers mois, Israël a accepté de laisser le Qatar fournir une aide de plusieurs millions de dollars à Gaza pour payer des salaires et financer des achats de carburant afin de remédier notamment à une grave pénurie d'électricité.

Deux facteurs pourraient pousser Israël à tenter de calmer le jeu: les négociations toujours en cours pour tenter de former une coalition gouvernementale après la réélection de Benjamin Netanyahu en avril, l'Eurovision qui doit se tenir à Tel-Aviv mi-mai.

Des manifestations, "marches du retour", ont lieu à Gaza depuis mars 2018 le long de la frontière pour protester contre le blocus par Israël de l'enclave palestinienne et pour le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant quitté leurs terres à la création d'Israël en 1948.

Au moins 270 Palestiniens ont été tués depuis le début du mouvement au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes de représailles à des actes hostiles en provenance de l'enclave sous blocus.

Deux soldats israéliens ont été tués au cours de cette période.

Les organisateurs des manifestations et le Hamas affirment que le mouvement des "Grandes marches du retour" est indépendant. Israël accuse en revanche le Hamas d'orchestrer ces manifestations et soutient que les soldats ne font que protéger la frontière afin d'éviter des infiltrations de Palestiniens.

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