500 Palestiniens tués à Gaza: réunion du Conseil des droits de l'Homme

Un Palestinien tué dans la banlieue de Gaza, suite aux bombardements israéliens
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Un Palestinien tué dans la banlieue de Gaza, suite aux bombardements israéliens - © MARCO LONGARI

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence dimanche soir à New York à 21H30, heure locale, pour débattre de la situation à Gaza, où l'offensive israélienne "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet a fait jusqu'ici plus de 500 morts chez les Palestiniens. Le Conseil a exprimé sa "grave préoccupation devant le nombre croissant de victimes" et réitéré son appel à "cesser immédiatement les hostilités" après un dimanche sanglant, le plus sanglant depuis le lancement de l'opération. Une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme est prévue mercredi.

"Le Conseil des droits de l'Homme tient une session extraordinaire le mercredi 23 juillet sur la situation des droits de l'Homme dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est", a indiqué l'ONU dans un communiqué.

Le conflit entre Israël et le Hamas à Gaza ne montrait aucun signe de répit lundi, 14e jour de l'offensive israélienne sur l'enclave palestinienne, malgré les appels de la communauté internationale à la trêve.

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Dans une déclaration lue par le président du Conseil à l'issue de deux heures de consultations à huis clos, les 15 pays membres "appellent au respect des lois humanitaires internationales, notamment sur la protection des civils".

La réunion, qui était publique, a été convoquée à la demande de la Jordanie, membre du Conseil, après un appel en ce sens lancé par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Dans une allocution télévisée, ce dernier avait qualifié la situation à Gaza d'"insupportable" en allusion au bombardement par Israël de Chajaya, une banlieue à l'est de la ville de Gaza, le plus meurtrier depuis le début du conflit le 8 juillet.

Les 15 pays membres du Conseil avaient eu une réunion sur Gaza vendredi après-midi, sans parvenir à se mettre d'accord sur une déclaration commune.

Depuis le début du conflit entre Israel et le Hamas, le Conseil avait tenu une première réunion infructueuse le 10 juillet, avant d'appeler deux jours plus tard à un cessez-le-feu dans une déclaration unanime.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a commencé dimanche à Doha une tournée au Proche-Orient.

500 Palestiniens tués, dont de nombreux enfants

Ce lundi matin, au moins neuf Palestiniens, dont sept enfants, ont été tués lors d'un raid aérien israélien à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué le porte-parole des service d'urgence Achraf al-Qoudra.

Les victimes appartenaient toutes à la même famille qui résidait dans la maison visée par l'attaque. Ces morts portent à plus de 500 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza le 8 juillet.

Samedi, les ONG War Child et Defence for Children International avaient déclaré que les enfants palestiniens faisaient les premiers les frais du pilonnage israélien: "Jusqu'à présent, il y a eu plus d'enfants qui ont péri sous le feu israélien que de combattants palestiniens", disaient-elles.

Médecins Sans Frontières a déclaré elle aussi que la majorité des victimes du conflit étaient les femmes et les enfants.

Ce dimanche a été la journée la plus sanglante depuis le début de l'offensive israélienne contre l'enclave palestinienne. Au moins 140 Palestiniens ont perdu la vie ce jour-là. Dans les rangs israéliens, 13 soldats de la brigade Golani ont été tués ces dernières 24 heures dans la bande de Gaza, portant à 18 le nombre de militaires morts depuis le 8 juillet, le bilan le plus lourd pour les forces israéliennes depuis 2006.

Dix autres Palestiniens qui avaient réussi à s'infiltrer par deux tunnels de la bande de Gaza dans le sud d'Israël ont été tués lundi matin par des soldats israéliens.

"Des groupes de terroristes qui s'étaient infiltrés en Israël par deux tunnels dans le nord de la bande de gaza ont été interceptés par l'armée israélienne qui a tué plus de dix terroristes", a affirmé le porte-parole de Tsahal sur son compte Twitter.

Israël porte le deuil mais reste décidé à poursuivre les combats

Au lendemain de la mort de ses 13 soldats, Israël est en deuil. Ces pertes sont ses plus lourdes depuis huit ans, mais elles n'ont pas entamé la détermination d'Israël de poursuivre son offensive.

Les médias faisaient leurs gros titres sur cette "journée noire", la plus sanglante pour l'armée israélienne depuis la deuxième guerre du Liban contre le Hezbollah en 2006.

Les journaux consacraient ainsi des articles nécrologiques sur chacun des soldats tués qui appartenaient tous à la brigade Golani et auxquels le président Shimon Peres devait rendre hommage en allant voir leurs proches.

A l'antenne des radios et des télévisions, les familles des défunts pleuraient les leurs sans récrimination adressée au gouvernement: "Mon fils était un être extraordinaire (...) il a perpétué la tradition de son père qui était aussi dans (la Brigade Golani)", raconte une mère éplorée.

Honorant les morts, Israël Hayom, le quotidien le plus diffusé, titrait en Une: "13 frères héroïques", considérant, comme de nombreux Israéliens, que ces soldats font partie de la "famille" de chacun dans un pays où les hommes doivent faire trois ans de service militaire, deux ans pour les femmes.

Pour le moment, toutefois, le choc provoqué par la mort des soldats n'a pas entamé un large consensus sur la nécessité de prolonger cette énième guerre à Gaza malgré le nombre de morts croissant.

Benjamin Netanyahu se dit soutenu par le monde

Qu'il s'agisse des militaires tombés au front ou des scènes de dévastation à Chajaya (banlieue est de la ville de Gaza), Benjamin Netanyahu a insisté sur le bien-fondé de son offensive. "Nous menons une opération complexe, intense et en profondeur à l’intérieur de la bande de Gaza qui est soutenue par le monde. Le soutien est très fort au sein de la communauté internationale", a affirmé le Premier ministre israélien, malgré les nombreux appels au cessez-le-feu.

Interrogé par la radio publique, le ministre chargé des Services de renseignements Youval Steiniz a, pour sa part, réaffirmé que la journée sanglante de dimanche ne change rien : "toute les options restent d'actualité"

"J'estime que les combats risquent de durer longtemps (...) il se peut que nous n'ayons d'autre choix que d'élargir les opérations, y compris jusqu'à prendre le contrôle de toute la bande de Gaza", a-t-il martelé en rendant visite à des militaires blessés.

Le ministre des communications, Gilad Erdan est tout aussi ferme : "ce n'est pas le moment de parler d'un cessez-le-feu", a-t-il souligné, excluant tout retrait en l'absence "d'arrangements à long terme (...) sur une démilitarisation de ce secteur".

Et dans l'opposition travailliste on joue aussi la carte de l'union sacrée, évitant toute critique à l'adresse du gouvernement, même si l'on se refuse à une occupation de Gaza par l'armée.

"Il faut tout faire pour ne se pas se laisser aller à une dynamique qui nous amènerait au-delà des objectifs fixés au départ", a affirmé le député Naham Shaï, en se référant aux buts de l'opération: la fin des tirs de roquettes depuis Gaza et la destruction des tunnels allant vers Israël.

Amos Harel, un commentateur du quotidien d'opposition Haaretz, a lui aussi mis en garde contre "toute tentative de renverser le régime du Hamas" qui contrôle la bande de Gaza.

La Cisjordanie en grève contre l'offensive

La Cisjordanie occupée est paralysée par une grève générale en réaction aux violents bombardements israéliens.

L'appel à la grève a été lancé par les syndicats et plusieurs mouvements islamistes, avant d'obtenir aussi le soutien de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du président Mahmoud Abbas, qui a appelé à des manifestations dans tout le territoire après 21H00 et la rupture du jeûne du Ramadan.

La Cisjordanie est restée calme dans l'ensemble depuis le début de l'offensive.

RTBF avec agences

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