Gaza: report probable des négociations israélo-palestiniennes

Aucune date n'a été précisée pour ces pourparlers visant à consolider le cessez-le-feu entré en vigueur il y a exactement deux mois dans l'enclave palestinienne après 50 jours d'un conflit qui a fait près de 2200 morts côté palestinien, en majorité des civils, et plus de 70 côté israélien, quasiment tous des soldats.

Khalil al-Haya, dirigeant du Hamas à Gaza, a indiqué à la télévision du mouvement islamiste que ce report avait été décidé car les membres de la délégation vivant dans l'enclave palestinienne "ne peuvent quitter Gaza en raison de la fermeture du poste-frontière de Rafah", décrétée jusqu'à nouvel ordre par l'Egypte après qu'un attentat suicide a tué vendredi 30 soldats dans cette région, où l'état d'urgence a été décrété et où l'armée a mené des frappes aériennes contre des jihadistes.

De son côté, Azzam al-Ahmad, le chef de la délégation palestinienne, a indiqué depuis Le Caire où il est arrivé dimanche que "les autorités égyptiennes discutent avec les deux parties mais n'ont pas encore officiellement signifié le report des négociations".

Toutefois, a-t-il indiqué, "nous semblons nous diriger vers un report" et "après des contacts avec les Egyptiens, j'ai appelé tous les délégués à reporter leur départ vers Le Caire en attendant une décision officielle de l'Egypte".

Côté israélien, le général Amos Gilad, qui fait partie de l'équipe de négociateurs, a affirmé à la radio publique n'avoir reçu dimanche midi aucun avis d'annulation.

Journée à risques à Jérusalem toujours sous tension

La Ville sainte se préparait à une fin de journée agitée dans sa partie palestinienne annexée et occupée par Israël. Tous les mouvements politiques palestiniens ont appelé à un défilé à 17H00 (15H00 GMT) du quartier troublé de Silwan à l'ultra-sensible Al-Aqsa, sur l'Esplanade des Mosquées.

A 23H00 (21H00 GMT), la famille d'Abdelrahmane Shalodi devrait enterrer sous haute surveillance ce Palestinien de 21 ans tué par un policier mercredi après avoir causé la mort d'un bébé de trois mois dans ce que les autorités israéliennes ont qualifié d'attentat "terroriste".

La famille Shalodi refuse les restrictions imposées par la justice israélienne aux funérailles --seuls 20 personnes présentes et un enterrement entre 23H00 et minuit-- et a prévu une cérémonie symbolique à 17H00, elle aussi susceptible d'alourdir l'atmosphère.

Au moins cinq Palestiniens ont été arrêtés lors de nouveaux heurts dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué la police israélienne.

Les troubles de samedi se sont prolongés dans la nuit, à Silwan, mais aussi dans d'autres quartiers: Al-Tur, Souwaneh, Beit Hanina, Chouafat et le camp de réfugiés du même nom, Rass al-Amoud, Chayah, selon la police israélienne et différents groupes locaux palestiniens.

Enterrement à hauts risques

A chaque fois, ce sont les mêmes scènes de jeunes Palestiniens souvent masqués brûlant des pneus et lançant leurs pierres, leurs pétards ou leurs engins incendiaires aux policiers israéliens casqués et armés. Les pierres visent aussi le tramway qui circule désormais sous escorte policière, et tout ce qui symbolise l'autorité ou la présence israélienne, véhicule de nettoyage municipal, jardin d'enfants.

Les policiers israéliens répondent par des tirs de gaz lacrymogènes ou de projectiles en caoutchouc qui retentissent jusque tard dans la nuit. Des policiers en uniforme ou dissimulés sous des tenues civiles, aidés par les ballons d'observation lâchés au-dessus de la ville, arrêtent les émeutiers.

Jérusalem-Est est en proie depuis l'été à des tensions grandissantes qui font craindre un embrasement généralisé. Elles se sont encore aggravées depuis mercredi, à Silwan surtout, après qu'Abdelrahmane Shalodi, jeune Palestinien de ce quartier, eut, délibérément selon les autorités israéliennes, lancé sa voiture sur un arrêt de tramway. Un bébé a été tué et six Israéliens blessés.

Ses obsèques, initialement prévues samedi soir et susceptibles de susciter un important rassemblement et des heurts, ont été reportées à tard dimanche sur le Mont des oliviers, près de Silwan et de la Vieille ville. La justice israélienne a décidé que sa dépouille, aux mains de la médecine légale, ne serait restituée à la famille qu'à la porte du cimetière et que seules vingt personnes, dont les noms auront préalablement été communiqués à la police, pourraient assister aux funérailles, a rapporté l'avocat de la famille.

Jérusalem 'ville sûre'

Depuis sa mort, les affrontements, déjà réguliers depuis l'été à Jérusalem-Est, se sont intensifiés, le soir surtout, mais aussi la journée à Silwan, Chouafat, Essaouiya, Wadi Joz ou dans la Vieille ville.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis d'y répondre avec la plus grande fermeté.

"Plusieurs milliers de policiers, de gardes-frontières et de membres d'unités spéciales viennent renforcer les effectifs de la police de Jérusalem le temps nécessaire à un rétablissement de la sécurité et un retour à la normale pour tous les habitants de Jérusalem", a indiqué une porte-parole de la police, Luba Samri.

Cependant, la décision de la municipalité de Tel-Aviv de reporter un voyage scolaire prévu dans certains quartiers de Jérusalem en butte aux violences trahit l'inquiétude. Elle a visiblement mis en émoi la municipalité de Jérusalem, haut lieu de tourisme et de pèlerinage, qui a dit dans un communiqué "ne pas recommander les annulations", assurant que la ville était "sûre et ouverte".

Au même moment avait lieu dimanche en Cisjordanie occupée l'enterrement d'Orwa Hammad, Palestino-Américain de 14 ans, abattu par les soldats israéliens lors de heurts vendredi dans le village de Silwad, théâtre d'affrontements fréquents.


AFP

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