Gaza: les "boucliers humains du Hamas", un mythe?

Kim Sengupta est correspondant pour The Independent dans la Bande de Gaza. Il publiait début de cette semaine un article à propos de l'affirmation selon laquelle les populations gazaouies étaient utilisées par les miliciens du Hamas comme boucliers humains, et parqués à cette fin dans des endroits stratégiques. Le journaliste rappelle que le Premier ministre israélien avait déclaré, après un bombardement ayant fait 26 morts le 20 juillet, dont une famille entière, que le Hamas utilisait "la mort télégénique des Palestiniens" pour servir sa cause.

L'affirmation voulait signifier que les armes du Hamas étaient délibérément placées dans des zones résidentielles, et que l'organisation palestinienne avait aussi empêché des civils de partir d'endroits dangereux. Le journaliste a examiné les cas dans lesquels l'armée israélienne justifiait ainsi ses attaques, dont celui d'une école dans laquelle l'UNRWA avait retrouvé des roquettes. L'école était vide, précise-t-il.

Et il arrive à la conclusion que, si certains Gazaouis lui ont avoué craindre le Hamas, aucun n'a dit qu'il avait été obligé de rester dans certains lieux.

A Chujaya, ou plus de 90 personnes sont mortes en 24 heures, les habitants restés sur place malgré les avertissements expliquaient qu'ils n'avaient nulle part d'autre où aller, ou qu'ils ne voulaient pas quitter leur terre pour ne pas la perdre devant l'"envahisseur", écrit le journaliste. Qui tempère cependant, en précisant que le Hamas pouvait certes être accusé de rendre les gens moins vigilants, en leur demandant, par médias interposés, d'ignorer les avertissements israéliens.

Kim Sengupta estime qu'il y aurait dans ces déclarations la volonté de limiter les déplacements de populations, à travers un territoire où 85 000 personnes ont été forcées de fuir, pour s'abriter dans des installations de l'ONU surchargées: une école pour 800 enfants a du contenir 1600 personnes.

Le journaliste rapporte aussi le sentiment des Gazaouis selon lequel le monde ne se rend pas compte de l’exiguïté et du confinement du territoire sur lequel ils vivent.

W. F., avec The Independent

 

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