Gaza: le soldat qu'Israël croyait capturé était mort au combat

Gaza: le soldat israélien qu'on disait capturé était mort au combat
Gaza: le soldat israélien qu'on disait capturé était mort au combat - © GIL COHEN MAGEN - BELGAIMAGE

Les troupes israéliennes avaient déclaré que le sous-lieutenant de 23 ans Hadar Goldin avait "probablement" été enlevé par des combattants du Hamas. Ce dimanche, Tsahal a toutefois affirmé qu'il avait été tué "immédiatement" pendant une opération dans la bande de Gaza. Par ailleurs, au moins dix Palestiniens ont été tués dimanche dans une frappe ayant touché une école de l'ONU qui accueille des réfugiés à Rafah, dans le sud de l'enclave palestinienne.

L'armée israélienne a-t-elle pilonné Rafah et tué des dizaines de Palestiniens à la recherche d'un soldat porté disparu dans la bande de Gaza alors qu'il était déjà mort? Elle a tenté de s'expliquer dimanche.

Le porte-parole de l'armée israélienne Peter Lerner a invoqué le temps qu'il avait fallu pour être sûr, grâce aux analyses ADN, que le sous-lieutenant Hadar Goldin était mort, et non pas tombé entre les mains d'un groupe palestinien au cours de combats dans cette ville du sud de la bande de Gaza.

Le secteur de Rafah a été soumis à un déluge de feu après un affrontement vendredi entre les soldats israéliens et des combattants palestiniens.

Dans les heures suivant les faits, l'armée israélienne a annoncé que deux de ses hommes avaient été tués et qu'un troisième, Hadar Goldin, avait été probablement capturé. Une telle capture constitue un casus belli pour Israël, et le sort du soldat Goldin a tenu en haleine l'opinion israélienne. Il lui a rappelé le traumatisme provoqué par le rapt en juin 2006 du soldat Gilad Shalit, qui avait déclenché cinq mois d'opérations militaires dans la bande de Gaza.

Le soupçon d'enlèvement avait déclenché une grosse opération

En fait, Hadar Goldin était mort, a annoncé samedi soir l'armée israélienne. Il a été tué "immédiatement au cours d'un échange de tirs" avec des Palestiniens et une partie de ses restes ont été retrouvés à l'entrée d'un tunnel creusé par le Hamas, a indiqué dimanche Peter Lerner.

Mais le soupçon d'enlèvement a déclenché une opération "automatique sur un vaste secteur", a-t-il dit. Puis les analyses ADN pour son identification ont "pris du temps".

Dans les précédentes versions de l'armée, le sous-lieutenant avait disparu lors d'une opération de destruction d'un tunnel à l'est de Rafah. Des combattants palestiniens, sortis d'un autre tunnel, auraient ouvert le feu. Un kamikaze se serait fait exploser.

La branche armée du Hamas, tout en endossant la responsabilité de l'attaque, avait indiqué ne rien savoir du sous-lieutenant Goldin, et estimé qu'il avait été tué avec le commando palestinien dans un bombardement israélien.

Au moins 10 Palestiniens tués dans une frappe sur une école de l'ONU

"Selon les premières informations, il y a de nombreux morts et blessés dans l'école de l'UNWRA à Rafah après un bombardement", a indiqué le porte-parole de l'Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, Chris Gunness.

Il n'a pas imputé la responsabilité des tirs à l'un ou l'autre des belligérants, Israël et le Hamas.

Une trentaine de Palestiniens avaient déjà été tués dans des frappes sur des écoles de l'ONU, à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya (nord) le 31 juillet, suscitant une vive émotion internationale et la condamnation de l'ONU.

L'UNRWA avait ouvertement accusé Israël d'être à l'origine du drame de Jabaliya.

Le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-Moon avait qualifié l'attaque contre l'école à Jabaliya d'"injustifiable". "Les responsabilités doivent être déterminées et justice doit être rendue", avait-il insisté. Washington avait également condamné le bombardement et appelé Israël à faire plus d'efforts pour protéger la population de Gaza.

Israël considère cependant le Hamas comme responsable du très lourd bilan de son opération "Bordure protectrice" pour les civils, qui représentent la grande majorité des quelque 1800 morts palestiniens.

Selon l'armée israélienne, le mouvement islamiste palestinien utilise les civils comme "boucliers humains" en tirant depuis des zones habitées ou en dissimulant armes et centres opérationnels dans des écoles, des mosquées ou des hôpitaux.

L'UE appelle Palestiniens et Israéliens à cesser le bain de sang

L'Union européenne a demandé dimanche "l'arrêt immédiat" du bain de sang provoqué par l'opération militaire israélienne à Gaza dans une déclaration publiée par le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy.

"Le bain de sang doit cesser", a-t-il affirmé dans cette déclaration au nom des 28 membres de l'UE, co-signée par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

"Gaza souffre d'intolérables souffrances depuis plus de trois semaines déjà et elles ont coûté beaucoup de vies, dont celles de nombreuses femmes et enfants. Cela doit cesser immédiatement", affirme Herman Van Rompuy dans cette déclaration.

"Nous condamnons fermement les tirs continus de roquettes contre Israël, qui menacent sa population. Nous reconnaissons le droit légitime à la défense, mais il doit être proportionné", a-t-il affirmé. "Il y a des objectifs que des opérations militaires ne peuvent atteindre", a-t-il soutenu.

"Seule une solution négociée basée sur deux Etats respectueux l'un de l'autre peut apporter la paix", a-t-il rappelé. "C'est pourquoi nous joignons nos voix à celles qui appellent les deux parties à cesser immédiatement les hostilités. Nous sommes prêts à faciliter des négociations. Les dirigeants palestiniens et israéliens doivent avoir le courage de mettre un terme à cette violence insensée", a-t-il conclu.

RTBF avec agences

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