Gaza: les combats continueront après la destruction des tunnels

Un soldat israélien dans un tunnel reliant Gaza à Israël
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Un soldat israélien dans un tunnel reliant Gaza à Israël - © JACK GUEZ

La guerre dans la bande de Gaza, où les hostilités étaient censées s'arrêter à la faveur d'une trêve, est repartie de plus belle depuis vendredi avec un nouveau bain de sang pour les Palestiniens à Rafah, où un soldat israélien a probablement été capturé. Selon le quotidien Haaretz, l'armée israélienne (Tsahal) aurait affirmé vouloir détruire les tunnels restants en 24 heures. Tsahal a autorisé samedi les habitants de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, à retourner chez eux. Une possible indication qu'elle considère y avoir terminé sa mission. La fin de la guerre ne ne semble toutefois pas proche: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré samedi que l'armée israélienne poursuivrait ses opérations contre le Hamas "aussi longtemps que nécessaire" et avec "toute la force requise".

Des témoins ont affirmé à un journaliste de l'AFP avoir constaté un retrait israélien de villages proches de Beit Lahiya, dans le nord, mais aussi de Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne.

"Les habitants du nord de la bande de Gaza ont reçu un message leur indiquant qu'ils pouvaient retourner dans le secteur de Beit Lahiya", a indiqué un communiqué de l'armée.

Les habitants "ont été informés qu'ils pouvaient rentrer en toute sécurité à Beit Lahiya et Al-Atatra", ville voisine, a confirmé à l'AFP une porte-parole, des propos laissant entendre que l'armée israélienne a cessé ses opérations dans ces secteurs.

Plus tard dans la journée, la radio israélienne a confirmé ce retrait progressif des troupes des zones habitées de la bande de Gaza.

Les combats continueront

Sur le quotidien national israélien Haaretz, on peut lire que "dans les 24 prochaines heures, l'armée de Défense d'Israël annoncera que tous les tunnels permettant aux combattants palestiniens de passer de Gaza à Israël ont été détruits".

Affichant toute sa détermination, Benjamin Netanyahu a déclaré devant la presse à Tel-Aviv avoir "promis depuis le départ le retour au calme pour les citoyens d'Israël" et qu'il continuera donc "d'agir jusqu'à ce que nous ayons atteint cet objectif", en précisant que "cela prendra aussi longtemps que nécessaire et nous emploierons toute la force requise".

"Quand cette action contre les tunnels sera terminée, l'armée se préparera à poursuivre ses opérations avec notre sécurité pour seule préoccupation", a-t-il prévenu, sans donner plus de détails sur la mission susceptible d'être confiée aux soldats.

Vendredi sanglant

Au moins 107 Palestiniens ont été tués à Rafah depuis vendredi lors d'attaques militaires israéliennes qui ont suivi la disparition d'un soldat israélien près de cette ville du sud de la bande de Gaza, selon un nouveau bilan des secours locaux établi tôt samedi.

Ces attaques se sont poursuivies durant toute la nuit. Au moins 35 Palestiniens ont été tués à Rafah depuis vendredi minuit (21H00 GMT). Quinze des victimes, dont cinq enfants âgés de 3 à 12 ans, faisaient partie de la même famille dont la maison a été détruite, a précisé le chef des services de secours Ashraf Qodra.

Par ailleurs, trois autres Palestiniens ont été tués à la suite de tirs de chars à Khan Younès situé à proximité de Rafah, tandis que cinq autres Palestiniens étaient tués dans la ville de Gaza, a ajouté le porte-parole.

L'aviation israélienne a également bombardé pour la première fois un des bâtiments de l'université islamique de la ville de Gaza, selon les services de sécurité.

Selon le nouveau bilan du porte-parole, plus de 1640 Palestiniens, très majoritairement des civils, ont été tués depuis le lancement de l'opération israélienne dans la bande de Gaza le 8 juillet.

Tôt samedi matin, le système israélien de défense anti-missiles Iron Dome a intercepté deux roquettes tirées sur Tel Aviv et une autre sur la ville de Beer-sheva (sud), a annoncé l'armée israélienne.

La branche militaire du Hamas a pour sa part affirmé avoir tiré trois roquettes vers Tel Aviv.

Ce regain de violence centré sur Rafah s'est produit au moment même où un cessez-le-feu de 72 heures entre Israël et le Hamas devait apporter un peu de soulagement aux 1,8 million de Gazaouis prisonniers de l'enclave soumise à un déluge de feu.

La trêve entrée en vigueur vendredi à 08H00 locales (05H00 GMT) et supposée permettre aux habitants durement éprouvés de se réapprovisionner et d'enterrer leurs morts n'a pas tenu deux heures.

Les chances d'une pause durable semblent plus éloignées que jamais, après la probable capture par l'ennemi d'un sous-lieutenant de 23 ans, Hadar Goldin.

Deux soldats israéliens ont été tués au cours de l'affrontement qui aurait conduit à la capture du sous-lieutenant Goldin.

Ligne rouge

Selon l'armée israélienne, des soldats engagés dans la destruction d'un tunnel du Hamas près de Rafah ont été attaqués par des "terroristes" sortis de terre vers 09H30 (06H30 GMT), alors que la trêve était en vigueur. Un kamikaze s'est fait sauter, a rapporté le porte-parole de l'armée, Peter Lerner. Les premiers éléments "indiquent qu'un soldat a été enlevé" dans l'affrontement, a-t-il dit.

Les précautions employées par le porte-parole laissent peu de doute sur le fait que le soldat est porté manquant, même si son sort suscite bien des questions: est-il effectivement prisonnier et de qui, ou déjà mort ?

Personne n'a revendiqué d'enlèvement.

La branche militaire du Hamas s'est contentée d'affirmer dans un communiqué qu'elle ne disposait pas d'information sur le soldat porté disparu et évoqué la possibilité qu'il ait été tué lors de combats avec des activistes du Hamas.

Le Hamas avait auparavant assuré n'avoir mené aucune opération après l'entrée en vigueur de la trêve.

Israël n'ira pas au Caire discuter de cessez-le-feu

Le cabinet de sécurité israélien a décidé samedi de ne pas envoyer dans l'immédiat de délégation au Caire pour des discussions en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, ont rapporté plusieurs médias israéliens.

"Trouver un arrangement n'intéresse pas le Hamas qui ne fait que se moquer de la communauté internationale", a assuré la radio de l'armée, rapportant la décision de ne pas envoyer d'émissaire au Caire en citant un haut responsable politique.

Des discussions étaient prévues dans la capitale égyptienne après l'annonce du dernier cessez-le-feu - avorté - accepté pour la première fois aussi bien par Israël que par le Hamas.

Israéliens et Palestiniens devaient mener séparément avec les Egyptiens ces discussions associant les Américains, pour parvenir à une cessation durable des hostilités.

Obama demande la libération immédiate du soldat israélien

Le président américain Barack Obama a appelé à la libération "dès que possible" et "sans condition" du soldat, estimant en outre qu'un cessez-le-feu serait "très difficile" à mettre en place si le Hamas ne parvenait pas à "tenir ses engagements dans le cadre d'un cessez-le-feu".

Il a par ailleurs demandé à ce que davantage d'efforts soient faits pour protéger les civils à Gaza, "pris au piège des combats".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également exigé la libération immédiate du soldat.

La capture d'un de ses soldats est une ligne rouge pour Israël. Le rapt en juin 2006 du soldat franco-israélien Gilad Shalit avait déclenché cinq mois d'opérations militaires dans la bande de Gaza. Le soldat avait été libéré en octobre 2011 en échange d'un millier de prisonniers palestiniens.

RTBF avec agences

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