Gaza: 4 enfants tués par un bombardement sur la plage devant des journalistes

Un jeune garçon touché parmi les autres enfants blessés, soigné par les journalistes dans l’hôtel tout proche
4 images
Un jeune garçon touché parmi les autres enfants blessés, soigné par les journalistes dans l’hôtel tout proche - © THOMAS COEX - BELGAIMAGE

Plusieurs enfants ont été tués par un bombardement à Gaza mercredi après-midi. Israël avait annoncé qu'elle allait intensifier ses raids après le rejet d'une trêve par le mouvement islamiste. 100 000 habitants de Gaza ont reçu un message leur indiquant qu'ils devaient quitter leur domicile.

"Environ 100 000 personnes" ont reçu des messages pour évacuer leur domicile, selon des sources militaires, tandis que des habitants de l'enclave palestinienne ont déclaré à l'AFP avoir reçu des appels et des sms en ce sens des forces israéliennes, qui ont promis d'intensifier leur offensive.

Mercredi après-midi, quatre enfants ont été tués à Gaza, selon les services de secours, par des frappes israéliennes auxquelles ont assisté des journalistes abrités pas loin du lieu de l'impact. Deux frappes ont détruit peu après 16H00 (13H00 GMT) une paillote sur une plage de la ville de Gaza, près du port, où se trouvait un groupe d'enfants, à 200 mètres d'un hôtel où résident des journalistes.

Quatre mineurs ont trouvé la mort et au moins cinq autres ont été blessés, a indiqué à l'AFP le responsable des services des urgences à Gaza, Achraf al-Qoudra. Des journalistes de l'AFP ont vu les enfants, certains ensanglantés, courir en criant vers l'hôtel, où ils se sont réfugiés. Une des victimes se tenait le ventre en hurlant avant de s'écrouler et d'être transportée à la hâte par le personnel de l'hôtel vers une ambulance.

Au moins trois enfants étaient blessés par des éclats, l'un à la tête. Une ambulance a aussi emporté un homme dont la jambe avait été arrachée.

Quelques instants après les bombardements, venus apparemment de la mer, une fumée noire s'élevait de la paillote se consumant. Cette plage, au bord de la Méditerranée, accueille des paillotes, des cabanes pour pêcheurs et des petits cafés, très populaires en temps normal. Les corps des enfants ont été aussitôt amenés à leurs familles pour des funérailles immédiates.

L'armée israélienne a indiqué enquêter "consciencieusement" sur le bombardement qui a tué quatre enfants sur une plage à Gaza mercredi, un incident "tragique".

Ces frappes israéliennes portent à 213 le bilan des morts palestiniens depuis le début de l'opération israélienne à Gaza le 8 juillet, selon les services de secours palestiniens.

"Pas d'autres choix que d'intensifier les raids"

Israël avait affirmé mardi n'avoir "d'autre choix" que d'intensifier ses raids sur Gaza après le rejet d'une trêve par le Hamas, le conflit semblant alors sans issue malgré la mort de plus de 200 Palestiniens et pour la première fois d'un Israélien.

Israël avait repris ses raids mardi après-midi sur l'enclave palestinienne, en réponse à des dizaines de tirs "aveugles" de roquettes du Hamas, dont deux ont été détruites en vol au-dessus de Tel-Aviv.

"Une solution diplomatique aurait été meilleure, c'est ce que nous avons essayé de faire lorsque nous avons accepté la proposition de trêve de l’Égypte. Mais le Hamas ne nous a pas laissé d'autre choix que d'étendre et d'intensifier notre campagne contre lui", a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Premier mort israélien

Sa déclaration a coïncidé avec l'annonce de la mort d'un Israélien par un tir de roquette au passage d'Erez entre Israël et Gaza, la première victime israélienne depuis le début le 8 juillet de l'offensive aérienne contre Gaza et l'intensification des tirs palestiniens.

Selon les secours israéliens, ce civil de 37 ans, Dror Hanin, originaire de la colonie de Beit Aryeh en Cisjordanie, était venu distribuer de la nourriture aux soldats postés dans le secteur.

Israël n'a pas pour autant encore déclenché d'opération terrestre bien que l'armée ait ostensiblement déployé des troupes d'infanterie et des chars aux abords de Gaza, mobilisant 40 000 réservistes en vue d'une éventuelle invasion, une option qui risque d'être coûteuse en vies humaines.

Le Hamas, considéré par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une "organisation terroriste", a expliqué son rejet de l'initiative égyptienne en affirmant n'en avoir eu connaissance que par les médias.

Pour ce mouvement, aucune trêve n'est envisageable sans un accord global sur la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontière avec l’Égypte et la libération de détenus.

Dans la journée de mardi, plus de 100 roquettes et obus ont encore atteint Israël, dont l'une a visé la région de Haïfa, à 160 km au nord de Gaza. En huit jours, 960 projectiles ont touché Israël selon l'armée.

"Miséricorde de Dieu"

Les Occidentaux tentent de trouver un moyen d'enrayer le conflit, sans succès pour le moment tout en se rangeant derrière la proposition du Caire, à l'instar du chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier en visite en Israël. Son homologue italienne Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE, est aussi en Israël.

La France a souligné soutenir "un cessez-le-feu immédiat", alors que le secrétaire d’État américain John Kerry, qui s'est entretenu par téléphone avec Benjamin Netanyahu et d'autres dirigeants de la région, s'est dit prêt à retourner immédiatement dans la région si cela pouvait aider toutes les parties à signer un cessez-le-feu.

Très en retrait dans cette crise, le président palestinien Mahmoud Abbas doit se rendre en Egypte puis en Turquie, pays allié du Hamas.

Mais qu'est-ce que la Bande de Gaza? Explications sur ce petit territoire confiné entre la mer et Israël:

RTBF, avec agences

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir