Gaza: cinq morts en Palestine, Abbas veut une date de fin pour l'occupation

Une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé que l'aviation avait lancé 16 attaques, mais qu'aucune roquette n'avait été tirée vers le territoire israélien à partir de la bande de Gaza depuis dimanche minuit (21H00 GMT). Deux mosquées à Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza et dans la ville de Gaza ont été détruites lors de ces raids israéliens, ont indiqué des témoins.

L'opération lancée par Israël contre le Hamas, "se poursuivra jusqu'à ce qu'elle ait atteint son objectif (...) cela peut prendre du temps", a prévenu dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Manifestations en Cisjordanie

Un adolescent Palestinien blessé vendredi en Cisjordanie par des soldats israéliens lors d'une manifestation de solidarité avec Gaza est décédé lundi, selon des sources médicales et sécuritaires. La victime, Hassan Achour (14 ans), a été blessée par balles à l'abdomen lors d'une manifestation dans le nord de la Cisjordanie occupée, à Beit Furik près de Naplouse.

4 images
Funérailles du jeune Palestinien tué lors d'une manifestation en Cisjordanie, vendredi © JAAFAR ASHTIYEH - BELGAIMAGE

Plusieurs manifestations de soutien ont été organisées en Cisjordanie depuis le début le 8 juillet de l'opération israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza. Dans certains cas, l'armée israélienne a réagi en ouvrant le feu, selon des responsables des services de sécurité palestiniens. Au moins 20 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis le 8 juillet, selon des chiffres de l'ONU.

Efforts égyptiens

L’Égypte mène un nouvel effort pour faire cesser les hostilités entre Israël et le Hamas. Le Caire, voisin et médiateur habituel des conflits israélo-palestiniens, est ainsi en train de soumettre une nouvelle proposition de cessez-le-feu. "Il est question d'un cessez-le-feu temporaire qui permettrait d'ouvrir les points de passage aux frontières, de laisser passer l'aide humanitaire et le matériel de reconstruction, les sujets contestés seraient discutés dans un mois", a expliqué un de ces responsables. "Nous sommes disposés à accepter, mais nous attendons la réponse israélienne à cette proposition", a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.

Les Égyptiens pourraient inviter Israéliens et Palestiniens à reprendre les discussions sous 48 heures, selon un autre responsable palestinien. "Des efforts sont en cours pour parvenir à un accord", a confirmé un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri. Le porte-parole du Jihad Islamique, deuxième force dans la bande de Gaza et autre participant palestinien aux discussions compliquées menées depuis plusieurs semaines sous les auspices égyptiens, Daoud Shihab, a néanmoins prévenu que "la réussite des contacts qui ont été pris dépend de la prise en compte ou non des exigences palestiniennes".

Mark Regev, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, s'est gardé de tout commentaire, se contentant de répéter la position de principe selon laquelle Israël ne négociait pas tant que les tirs de roquettes palestiniens continuaient.

Ces négociations indirectes sous l'égide de l’Égypte - les Israéliens refusent de s'asseoir à la même table que le Hamas - ont échoué sur des exigences apparemment inconciliables: la garantie de leur sécurité pour les Israéliens, la levée du blocus israélien pour les Palestiniens.

Les Égyptiens avaient pourtant proposé de différer à un mois les pourparlers sur les sujets de discorde les plus ardus. Israéliens et Palestiniens ont donc recommencé à échanger frappes aériennes et tirs de roquettes et de mortiers le 19 août. Depuis, 104 Palestiniens ont été tués, ainsi qu'un enfant israélien de quatre ans. Quatre Palestiniens, dont une mère et son fils de trois ans, sont morts lundi dans deux frappes aériennes israéliennes distinctes, ont indiqué les secours palestiniens. - L'échéance de la rentrée des classes - L'armée israélienne a indiqué avoir ciblé au moins 16 objectifs, et affirmé que 39 roquettes avaient été tirées lundi depuis la bande de Gaza. Aucune victime n'a été rapportée.

Abbas souhaite une date butoir pour la fin de l'occupation

La direction palestinienne est par ailleurs "prête à s'adresser au Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à l'occupation" israélienne, a affirmé Wassel Abou Youssef, un haut responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le ministre du Travail Ahmad al-Majdalani a également indiqué que la direction palestinienne "oeuvrait en vue de la tenue d'une conférence internationale pour mettre au point un calendrier pour la fin de l'occupation". Aucun des responsables n'a toutefois donné de détail sur la date à laquelle cette exigence serait présentée.

4 images
Devant les ruines autour de la mosquée détruite ce lundi © ROBERTO SCHMIDT - BELGAIMAGE

Une telle demande aurait de fortes chances d'être bloquée par un veto des États-Unis qui s'opposent traditionnellement à toute mesure jugée anti-israélienne au Conseil de sécurité.

Les Palestiniens menacent déjà d'adhérer à la Cour Pénale Internationale (CPI) qui permettrait d'engager une action légale contre des responsables israéliens sur le déroulement des opérations dans la bande de Gaza. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé samedi avoir signé un document appelant le président de palestinien à demander l'adhésion à la CPI. Jusqu'à présent le président Abbas n'a pas présenté de demande en ce sens.

"Jusqu'à l'objectif", dit Netanyahu

L'opération "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet par Israël pour faire cesser ces tirs de roquettes et détruire les tunnels d'attaque du Hamas s'est traduite par 2124 morts palestiniens, selon les secours locaux. Environ 70% sont des civils et au moins 480 des enfants, dit l'ONU. Soixante-huit personnes ont été tuées côté israélien, 64 soldats et quatre civils. Israël estime avoir tué 900 "terroristes". "Bordure protectrice" continuera "jusqu'à ce qu'elle ait atteint son objectif (...) cela peut prendre du temps", a prévenu dimanche Benjamin Netanyahu, et Israël est prêt à poursuivre ses opérations même après la rentrée scolaire lundi prochain, a-t-il dit.

Cette échéance résonne fortement dans l'opinion publique israélienne, inquiète de la possibilité que les enfants du sud reprennent la classe sous la menace des roquettes.

A Gaza, un demi-million d'enfants palestiniens n'ont pas pu reprendre les cours comme prévu dimanche à cause de la guerre, selon plusieurs organisations humanitaires.

RTBF, avec AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK