Gaza: des soldats parlent de l'opération Plomb Durci

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Après l'ONU et plusieurs ONG, ce sont maintenant des soldats israéliens qui évoquent un conflit sans retenue à Gaza en décembre et janvier dernier. Il s'agit de témoignages anonymes d'une trentaine de militaires.

Une trentaine de soldats israéliens, qui ont participé aux opérations dans la Bande de Gaza l'hiver dernier, ont décidé de parler. Il s'agit de témoignages anonymes d'une trentaine de militaires. Ils ont été recueillis par l'ONG israélienne "Breaking the Silence".

Ces soldats israéliens affirment que leurs supérieurs les ont incités à tirer d'abord et à se préoccuper ensuite de distinguer les combattants des civils. Selon les témoignages, la priorité de l'armée était de minimiser les pertes, afin de s'assurer du soutien populaire israélien à l'opération.

"A chaque obstacle, chaque fois que nous rencontrions des problèmes, on ouvrait le feu sans se poser des questions. Même s'il faisait noir, si la cible n'était pas identifiée ou si nous ne la voyions pas. Un véhicule sur notre chemin, nous l'écrasions, un batiment nous tirions" dit un sergent qui opérait dans une unité blindée. "La consigne était de tirer sur tout ce qui bouge !"

A l'exception d'un militaire identifié, les 29 autres sont tous anonymes.

"Nous étions là pour un court laps de temps et l'objectif était de laisser une ère dévastée derrière nous. Le meilleur moyen d'y aboutir était de tout raser".

L'armée israélienne a rejeté ces accusations, notamment parce qu'elles ont été portées de manière anonyme, et donc non-vérifiables.

L'opération Plomb Durci

L'objectif annoncé de l'opération "Plomb Durci" était de mettre fin aux tirs de roquettes des activistes islamistes du Hamas, lancé depuis la Bande de Gaza, vers le Sud d'Israël. L'armée israélienne parle de 1 166 morts dont 295 civils. Côté israélien, dix soldats et trois civils ont péri.

Pour sa part, une ONG palestinienne avance le bilan à 1 417 tués, dont 926 civils.

Les témoignages des soldats israéliens viennent s'ajouter à plusieurs autres rapports. Amnesty International, Human Rights Watch et l'ONU accusent l'armée israélienne d'avoir causé des pertes civiles et des destructions injustifiables, en décembre et janvier dans la Bande de Gaza. Pour leur part, les autorités israéliennes ont toujours rejeté ces mises en cause.

(M.S. avec Nicolas Willems et Willy Vandervorst)

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