Gaza: commémorations sous tensions de la "Grande marche du retour"

 Les Palestiniens se préparent à manifester massivement pour marquer un an de manifestations à la frontière avec Israël.
Les Palestiniens se préparent à manifester massivement pour marquer un an de manifestations à la frontière avec Israël. - © SAID KHATIB - AFP

Ambiance de veillée d'armes, dans et autour de la Bande de Gaza. Les Palestiniens se préparent à manifester massivement samedi pour marquer un an de manifestations à la frontière avec Israël. L'armée israélienne se prépare à une possible confrontation. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou se dit prêt à mener une opération militaire d'envergure, si les autres options échouent.

Le bilan de ces manifestations depuis un an est très lourd. Les Nations unies ont dénombré 195 morts côté palestinien, essentiellement des civils, et un soldat israélien tué. Chaque vendredi, des milliers de Palestiniens se réunissent à proximité de la clôture qui les séparent d'Israël. Ils réclament la fin du blocus et le droit au retour sur la terre de leurs ancêtres. 

Il y a quelques mois, les manifestants exprimaient déjà leur désespoir: " Pourquoi aurions-nous peur? Nous sommes déjà morts à Gaza. Nous mourrons mais hors de notre pays. Nous voudrions au moins mourir sur notre terre. Lorsque nous reviendrons dans notre pays, nous pourrons vivre." À l'époque, les manifestants disaient déjà qu'ils n'avaient plus grand chose à perdre face aux snipers israéliens, postés de l'autre côté de la barrière.

L'armée israélienne mise en cause

Un rapport des Nations unies publié il y a un mois met gravement en cause la réponse de l'armée israélienne. Parmi les victimes abattues figurent des journalistes, du personnel médical identifiable et même 41 enfants. Pour le rapporteur spécial des Nations Unies pour les Territoires palestiniens occupés, Michael Lynk, " la norme internationale, c'est qu'une force de police ou de sécurité ne devrait pas utiliser des tirs mortels contre des civils, sauf s'il y a une menace imminente pour la sécurité ou la vie de la personne, ou de quelqu'un d'autre parmi les forces de sécurité. Et la menace imminente, c'est une question de secondes, pas de minutes ni d'heures. Israël n'a pas montré de bons résultats d'enquête interne sur les allégations de crimes de guerre ou de comportements illégaux."

Ils ont conclu que 187 de ces morts avaient été tués de manière injustifiée par les forces israéliennes. Cela revient à des crimes de droit international" (Michael Lynk)

Les procédures devraient en effet en principe d'abord être menées par la justice israélienne elle-même. Mais vu la gravité des constatations, la justice internationale devrait être saisie comme l'indique Michael Lynk. "Ils ont conclu que 187 de ces morts avaient été tués de manière injustifiée par les forces israéliennes. Cela revient à des crimes de droit international. La commission d'enquête a demandé que le dossier qu'ils ont rassemblé soit transmis par la Haute-Commissaire aux Droits de l'hommes aux instances judiciaires nationales et internationales, dont la Cour pénale internationale. C'est l'un des moyens possible de responsabilité que nous avons aujourd'hui dans le monde: c'est d'envoyer un document comme celui-ci à La Haye."

40 enfants tués en un an

De son côté, l'UNICEF a exprimé son indignation devant le très grand nombre d'enfants tués et blessés en un an dans le cadre du conflit armé entre Israël et Palestiniens. "Au cours des douze derniers mois, quelque 40 enfants ont été tués lors de ces manifestations", a souligné Geert Cappelaere, Directeur régional de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, selon un communiqué de l'organisation onusienne. "Selon les autorités, près de 3.000 autres ont été hospitalisés pour des blessures, dont beaucoup ont entraîné une invalidité à vie", a-t-il ajouté, à deux jours du premier anniversaire du début de ces manifestations.

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