Gaz lacrymogènes, pillages, dégradations: retour en 10 dates sur les mobilisations des gilets jaunes en France

Gaz lacrymogènes, pillages, dégradations: retour en 10 dates sur les mobilisations des gilets jaunes en France
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Des premières occupations de ronds-points en novembre 2018 à la recrudescence de violences du samedi 16 mars, la crise des gilets jaunes en France est le symbole d'une évolution. Au mouvement citoyen pacifiste se sont greffés des casseurs, donnant une terne image au mouvement. Des violences policières émaillent aussi régulièrement la mobilisation. Alors que les médias sont souvent pointés du doigts pour leur traitement à deux échelles, dirigeant le focus sur les violences et pas sur les vraies revendications, retour en dix dates sur un mouvement controversé.

17 novembre: ronds-points occupés

Vêtus d'un gilet jaune fluorescent, 282.000 personnes, selon les chiffres officiels régulièrement contestés, occupent pour la première fois des ronds-points, bloquent des routes et centres commerciaux dans toute la France. Au total, plus de 2000 pooint de rassemblements sont recensés pour cette mobilisation qui sera le premier acte d'une longue série.

Les événements seront marqué par le décès d'une manifestante, en marge d'un barrage routier en Savoie, dans l'est de l'Hexagone.

À l'origine, le mouvement viset la hausse des taxes sur les carburants, mais le président Emmanuel Macron et l'ensemble de sa politique sociale et fiscale sont rapidement ciblés.

1er décembre: Arc de Triomphe vandalisé

La troisième journée nationale de mobilisation du 1er décembre (136.000 personnes) donne lieu à des violences dans plusieurs villes, surtout à Paris. Au sommet de l'avenue des Champs-Elysées, l'Arc de Triomphe est tagué, ses salles d'exposition pillées et dégradées.

Le Premier ministre français Édouard Philippe a dénoncé des scènes d'une "violence rarement atteinte".  Les forces de l'ordre font usage de canons à eau contre les manifestants, pour certains encagoulés et masqués. Plusieurs d'entre eux lancent des pavés sur des camions de gendarmes mobiles avenue de la Grande armée, où presque tous les commerces sont fermés.

10 décembre: hausse du salaire minimum

"Je prends ma part de responsabilités", annonce Emmanuel Macron en ouverture d'une "lettre aux français" très attendue, diffusée en simultané sur plusieurs chaînes nationales.

Après l'annulation pour 2019 de la hausse de fiscalité sur les carburants, annoncée le 5 décembre, le président français fait d'autres concessions cinq jours plus tard, notamment la hausse de 100 euros par mois pour les salariés au Smic, le salaire minimum, et une exemption de hausse de taxe pour certains retraités.

Les mesures annoncées depuis le début du mouvement sont évaluées à 10 milliards d'euros. Elles seront votées le 21 décembre par le Parlement.

5 janvier: nouveaux affrontements

Presqu'un mois s'est écoulé après les annonces du chef de l'Etat français en réaction au mouvement de contestation. Après trois samedis de reflux, la participation remonte à 50.000 personnes le 5 janvier, pour le huitième acte. Des manifestants forcent avec un engin de chantier l'entrée du ministère de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement et de nombreux affrontements entre manifestants et policiers ponctuent le mouvement.

L'exécutif annonce deux jours plus tard une nouvelle loi "anticasseurs", qui sera votée le 12 mars. Devant les craintes, jusque dans les rangs de la majorité, d'atteintes aux libertés, Emmanuel Macron saisira le Conseil constitutionnel.


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La polémique enfle à partir de janvier face aux blessures graves causées chez les manifestants par les lanceurs de balles de défense (LBD) et grenades de désencerclement utilisés par les forces de l'ordre.


15 janvier: début du grand débat

Dans l'espoir d'apaiser les esprits, Emmanuel Macron lance un grand débat, le 15 janvier, dans une lettre aux Français puis lors d'un échange-marathon avec les maires normands. 

De nombreuses propositions émergent des réunions citoyennes organisées partout en France, les premières annonces de l'exécutif étant attendues mi-avril.

23 janvier: liste avortée aux européennes

Des gilets jaunes annoncent le 23 janvier un embryon de liste aux européennes, menée par une aide-soignante, Ingrid Levavasseur. Après de multiples messages d'insultes, elle renoncera à conduire cette liste le 13 février.


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Une petite dizaine de projets de listes seront ensuite annoncés.

5 février: crise avec l'Italie

La rencontre en France, le 5 février, du vice-président du Conseil italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, avec le "gilet jaune" Christophe Chalençon provoque le rappel par Paris, pendant quelques jours, de son ambassadeur en Italie.

En cause : "des consultations" après une série de "déclarations outrancières" et "d’attaques sans fondement" et sans "précédent" de la part des dirigeants italiens, rapportent plusieurs médias français.

Deux jours plus tard, Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne, répond au chef d'état français, estimant ne pas vouloir s'engouffrer dans des polémiques.

6 mars: l'ONU intervient

L'ONU demande le 6 mars à la France "une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force".


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Le Conseil de l'Europe avait appelé le 26 février à "suspendre l'usage du LBD (lanceur de balles de défense) dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre", afin de "mieux respecter les droits de l'homme".

9 mars: creux de mobilisation

La mobilisation, qui a baissé progressivement à partir de la fin janvier, atteint un creux de 28.600 manifestants le 9 mars.

16 mars: Champs-Elysées saccagés

Le samedi 16 mars (32.300 manifestants) est marqué par une nouvelle flambée de violences à Paris où défilent seulement 8000 personnes, avec des pillages et incendies sur les Champs-Elysées.

Les images de la 18e mobilisation des gilets jaunes parisiens sont encore dans toutes les têtes et les autorités françaises ont pris des mesures à l'approche de l'acte 19 qui se tient ce samedi. La principale est l'interdiction q'un quelconque mouvement sur les Champs Élysées.

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