Gaz: la Russie refuse de reprendre ses livraisons à l'UE

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Les négociations entre Ukraine, Russie et Europe se sont terminées sur un échec. La Russie a refusé de signer un accord sur le déploiement d'observateurs européens, exigeant des observateurs russes également.

La Russie a refusé de signer un accord sur la reprise de la livraison de gaz à l'Europe via l'Ukraine, demandant que des "observateurs russes" soient aussi déployés en Ukraine pour surveiller le transit. L'Ukraine, elle, avait signé un accord avec la Commission européenne invitant les observateurs européens à venir vérifier le transit du gaz russe en Ukraine.

De son côté, Dmitri Medvedev a affirmé que les livraisons de gaz russe à l'Europe reprendront après la conclusion d'un accord de transit avec l'Ukraine.

Les deux parties se rejettent toujours la responsabilité. L'Ukraine estime que les conditions posées par la Russie sont inacceptables. Mais le président de Gazprom Alexeï Miller a au contraire affirmé que c'était l'Ukraine qui avait "fait échouer la signature" d'un accord.

L'Europe avait espéré
Cet après-midi, les députés européens avaient vu les représentants du russe Gazprom. Alexeï Miller, président de la compagnie, avait affirmé que les livraisons de gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine "reprendront immédiatement" dès que les observateurs indépendants seront sur place pour vérifier les flux de gaz entre les deux pays. La Russie, qui accuse les Ukrainiens de voler du gaz destiné aux clients de l'Union européenne, avait fait de l'arrivée des observateurs une condition sine qua non à la reprise de ses livraisons vers l'Europe via l'Ukraine.

Plus tôt ce matin une réunion entre le commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs, le ministre tchèque de l'Energie, Martin Riman, dont le pays préside l'Union européenne et les présidents de Gazprom et Naftogaz, Alexeï Miller et Oleg Doubina avait été annulée. Mais une source proche de la présidence tchèque avait indiqué que le déploiement d'observateurs sur plusieurs stations de pompage de gaz russes et ukrainiennes était possible dès ce jeudi.

"Il y a déjà un accord politique de Moscou et Kiev pour permettre à des observateurs internationaux d'aller sur les stations de pompage", a-t-elle indiqué. "Il est question maintenant des détails techniques: qui, quand, comment, où ? ", a ajouté cette source.

Problème de robinets

Moscou a coupé totalement ces livraisons mercredi, avec un impact sur l'approvisionnement en gaz de toute l'Europe.

Les pays de l'UE sont cependant très inégalement touchés, les plus affectés étant plusieurs pays européens de l'ex-bloc soviétique, comme la Bulgarie, qui dépend à près de 100% de la Russie pour ses besoins en gaz, et des Balkans.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait annoncé mercredi avoir l'accord des Premier ministres russe et ukrainien Vladimir Poutine et Ioulia Timochenko pour envoyer rapidement des observateurs européens.

Avant la réunion de Bruxelles, les responsables de Gazprom et de Naftogaz se sont réunis à Moscou dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de trouver une issue à la crise du gaz entre les deux pays, pour la première fois depuis le 31 décembre.

La Commission optimiste

Le vice-président de la Commission européenne Günter Verheugen a souligné l'intérêt énorme de Moscou à vendre son gaz à l'Union européenne et estimé "totalement infondé" de croire en une suspension "durable" des livraisons de gaz de la Russie, sur une radio allemande.

"A qui la Russie va-t-elle vendre son gaz, sinon à nous?", a lancé le commissaire à l'Industrie sur la radio Deutschlandfunk. "L'intérêt des Russes à vendre leur gaz et engranger des recettes est au moins aussi grand, sinon plus grand, que notre intérêt à des livraisons assurées", a estimé M. Verheugen, en rappelant que la Russie est "très durement frappée" par la crise financière.

(D'après Belga)

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