Gaz: l'Ukraine bloque le transit vers l'Europe

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Gazprom a bien rouvert les vannes, relançant le transit de gaz vers l'Europe. Mais l'Ukraine le bloque, dénonçant des conditions inacceptables.

L'Ukraine a reconnu bloquer le transit de gaz vers l'Europe à cause de conditions inacceptables imposées par Gazprom. Plus tôt, Gazprom avait accusé l'Ukraine."Dans la matinée, Gazprom a commencé à réaliser le plan de rétablissement des livraisons de gaz à l'Europe. L'Ukraine a bloqué toutes nos actions en vue du transit du gaz vers l'Europe", a déclaré Alexandre Medvedev, numéro 2 du groupe. "Dans ces conditions, nous n'avons pas la possibilité physique d'assurer le transit de gaz à travers le territoire de l'Ukraine", a-t-il ajouté.

La Commission européenne a, de son côté, affirmé que très peu ou pas du tout de gaz transite actuellement vers l'Europe malgré l'annonce par la Russie de l'ouverture des vannes. Elle a également estimé que les experts chargés de vérifier le transit du gaz n'avaient pas complètement accès aux stations à surveiller.

"C'est une situation grave qui doit évoluer rapidement", a exigé la Commission européenne. "L'Union européenne souhaite que la gaz circule aussi vite que possible, comme promis", a-t-elle ajouté.

La signature d'un accord lundi entre Kiev, Moscou et Bruxelles sur le déploiement de ces observateurs était la condition réclamée par Moscou pour la reprise des livraisons gazières à l'Europe. Sa validation avait laissé espérer que l'Europe serait rapidement approvisionnée à nouveau.

D'autres différends russo-ukrainiens sont par ailleurs à prévoir. Kiev et Moscou jugent notamment chacun que c'est à l'autre partie de fournir le gaz dit technique, quelque 21 millions de m3 quotidiens qui servent à mettre les gazoducs ukrainiens sous pression. Enfin, le coeur du conflit gazier entre la Russie et l'Ukraine n'est toujours pas réglé, aucun accord n'étant intervenu sur le prix des livraisons de gaz russes aux Ukrainiens pour 2009. Faute d'un contrat, Moscou a coupé l'approvisionnement de l'Ukraine en 2009 et a ensuite accusé Kiev de siphonner le gaz destiné aux Européens, provoquant la décision de la Russie de cesser toutes ses livraisons de gaz vers l'Europe afin de mettre un terme à ce "vol".

Le gaz russe représente un quart de la consommation de l'UE, dont 80% transite par les gazoducs d'Ukraine. La coupure a entraîné, en pleine vague de froid, des dégâts économiques très importants en Europe, surtout en Slovaquie et en Bulgarie, deux pays de l'UE qui dépendent de Moscou pour la quasi-totalité de leurs besoins en gaz. Les autorités slovaques, qui ont évoqué ces jours derniers le danger d'un black-out dans ce pays qui dépend à 98% du gaz et du pétrole russes, réfléchissait toujours à la remise en service d'une centrale nucléaire soviétique.

Sur la scène politique intérieure ukrainienne, l'opposition pro-russe a appelé mardi à la démission du président Viktor Iouchtchenko et du Premier ministre Ioulia Timochenko. Gazprom a de son côté laissé entendre mardi que les Etats-Unis jouaient un rôle dans la crise gazière qui perturbe l'Europe depuis plusieurs jours en influençant leur allié ukrainien.

(J.C., avec agences)

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